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Samedi 23 mai 2009
AYANT EVOLUE RECEMMENT VERS DE NOUVELLES FONCTIONS, IL M'EST DIFFICILE DE CONTINUER A M'INVESTIR PLEINEMENT SUR CE BLOG. AUSSI, PLUTOT QUE DE FOURNIR DES ARTCILES EN POINTILLES, JE PREFERE METTRE UN TERME A CE PROJET QUI M'AURA PERMIS DE DECOUVRIR UN SECTEUR EN PLEIN ESSOR ET DE NOUER DES CONTACTS AVEC DES ACTEURS PASSIONNANTS.

MERCI.

ALEXIS CARRE
Par Alexis Carré
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Mercredi 18 mars 2009

L'Observatoire Caisse d'Epargne 2009 Les " choix " des épargnants face à la crise

(Paris, le 12 février 2009) - L'Observatoire Caisse d'Epargne, dans sa huitième édition, a choisi d'apporter son éclairage sur les comportements financiers des Français dans un contexte de crise. Comment vivent-ils la crise actuelle et quelles sont leurs stratégies d'adaptation ? Investissement immobilier, endettement et placements financiers, quelles évolutions se profilent pour la période à venir ? L'Observatoire Caisse d'Epargne, dans sa nouvelle formule, est aussi l'occasion de faire partager les prévisions de nos experts pour l'année 2009, à partir des opinions exprimées par les Français et de l'analyse économique de leurs comportements.

- Une crise omniprésente mais en partie mise à distance

L'accumulation quasi quotidienne de mauvaises nouvelles rend la crise chaque jour plus présente. Mais, si les inquiétudes s'accentuent, la crise actuelle ne constitue pas pour les Français une rupture totale par rapport aux évolutions antérieures. Ils ont, certes, accusé un choc ponctuel en septembre/octobre 2008, avec l'éclatement de la crise financière et ses conséquences potentielles sur la sécurité de leurs dépôts. Mais, pour eux, la crise est déjà là... depuis plus d'un an : la confiance des ménages s'est retournée dès l'automne 2007 et n'a cessé de se dégrader en 2008. Les Français se sentaient déjà en partie confrontés à un environnement de crise bien avant le krach financier et sa contamination à l'économie réelle : baisse du pouvoir d'achat, état des finances publiques, " crise " du logement...

D'ailleurs, à l'automne 2007, les Français figuraient parmi les plus pessimistes des Européens sur la situation économique de leur pays : 72 % la jugeaient " plutôt " ou " très mauvaise ", contre 49 % en moyenne au sein de l'Union. En revanche, leurs opinions négatives n'ont progressé " que " de 13 points entre novembre 2007 et novembre 2008, contre 20 points en moyenne européenne, et entre 30 et 63 points pour les Suédois, les Belges, les Espagnols, les Anglais et les Irlandais.

Omniprésente, la crise est également en partie banalisée, comme " une crise de plus ", reflet accentué d'un bouleversement récurrent des repères. Sa surmédiatisation conforte aussi une certaine suspicion sur son ampleur réelle. D'autant que les Français perçoivent les ressorts de la crise de façon floue... tant qu'ils n'en subissent pas ses effets directs. Ils ont cependant du mal à en accepter les causes, chacun sentant qu'il devra en " payer le prix " à des degrés divers. La crise actuelle est d'ailleurs considérée comme une " purge " ou une " punition " nécessaire à la moralisation du système.

- Les effets de la crise : un réajustement des préoccupations et des priorités

Les craintes personnelles des Français vis-à-vis de l'avenir se sont sensiblement renforcées : 71 % se déclarent " inquiets pour l'avenir de leurs enfants/petits-enfants ", 58 % se disent " préoccupés par le niveau futur de leur pension de retraite " et 44 % des actifs " craignent de perdre leur emploi dans les deux ans à venir ", soit des niveaux rarement atteints dans notre baromètre depuis 1997.

Une accentuation des clivages sociaux et un décrochage des classes moyennes Cette montée des inquiétudes souligne un clivage accru entre catégories sociales. Pour les populations aisées, les effets de la crise sont moins tangibles. En revanche, les catégories plus modestes (les ouvriers, notamment) s'estiment davantage en première ligne face aux risques de chômage. Toutefois, entre ces deux cibles, le décrochage des classes moyennes s'accentue nettement : qu'il s'agisse de l'anticipation de sa situation financière future ou des craintes vis-à-vis de l'avenir (enfants, retraite, emploi...), les inquiétudes se sont fortement développées parmi les professions intermédiaires, à la différence des cadres, et elles se situent dorénavant quasiment au même niveau que celles exprimées par les employés et les ouvriers.

Un recentrage sur la solidarité familiale Les incertitudes du contexte ambiant débouchent sur une résurgence des enjeux autour de la solidarité familiale. Les objectifs d' " aider financièrement ses enfants ou ses petits-enfants ", ou d' " assurer une meilleure protection des proches en cas de décès ou d'accident " se sont renforcés dans les préoccupations financières des Français entre 2001 et 2009. Ce recentrage sur " l'entreprise familiale " est plus marqué parmi les 25-45 ans, mais aussi chez les seniors. Ces derniers, réinvestis d'une responsabilité dont ils pensaient être en partie dégagés, s'orientent davantage vers des pratiques d'épargne de précaution ou d'épargne assurantielle à plus long terme, dans une logique de solidarité familiale.

Une crispation autour du patrimoine La constitution ou la détention d'un patrimoine revêtent une importance accrue comme gage de sécurisation face à l'avenir, notamment parmi les catégories jeunes. En janvier 2009, " se constituer un patrimoine " représente une forte préoccupation pour 38 % des 25-34 ans (contre 29 % en 2001) et pour 34 % des 35 44 ans (24 % en 2001). Cette focalisation sur le patrimoine, notamment immobilier, se confirme aussi du côté de la transmission : " donner à ses enfants une éducation, un bagage solide " reste prioritaire dans les choix des Français, mais recule de huit points entre 2001 et 2009 (de 51 % à 43 % des réponses), alors que " donner de quoi leur permettre d'acheter un logement " passe de 26 % à 31 %, tandis que " les aider à constituer un capital financier " se maintient au même niveau (23 %) qu'il y a huit ans.

Une épargne plus défensive et moins active 60 % des Français disent aujourd'hui " faire plus attention à leurs dépenses ", contre 30 % à 40 % au cours des années 2000-2002. Cette vigilance à l'égard de la consommation trouve sa contrepartie dans un repli sur l'épargne, mais avec des tensions croissantes entre le " souhaitable " et le " possible " : en raison d'une impossibilité économique ou pour de ne pas trop sacrifier la qualité de vie, l'écart entre ceux qui déclarent avoir " envie d'épargner davantage " et ceux qui pensent effectivement le faire n'a cessé de se creuser : 4 points de pourcentage en 2000, 8 points en 2002 et 15 points en janvier 2009. La déformation des fonctions assignées à l'épargne souligne les motivations d'arbitrage entre épargne et consommation. Si " être autonome " reste la principale fonction de l'épargne en 2009, " se rassurer face à l'avenir " est dorénavant quasiment autant cité, alors que l'écart était de 10 points en 2001. L'autre motivation montante - " faire face au quotidien " - renvoie au même registre défensif de protection. En revanche, " réaliser des projets ", deuxième motivation d'épargne en 2001, ne figure plus qu'en quatrième position en 2009.

- Les six profils de préoccupations financières des Français

Une typologie des préoccupations financières fait ressortir six profils. Les " Distanciés " (16,5 % de la population) et les " Contraints " (17,5 %) s'inquiètent fortement de l'avenir ; disposant de revenus réduits, ils privilégient une épargne sûre et disponible offrant un bouclier protecteur. Les " Prudents " (20,4 %) et les " Vigilants " (13,5 %), davantage représentatifs de classes moyennes, oscillent entre préservation d'une qualité de vie (les " Prudents ") et sécurisation de l'avenir (les " Vigilants "), via des placements diversifiés mais peu risqués. Enfin, plus aisés, les " Audacieux " (17,8 %) et les " Confiants " (14,3 %) se sentent peu remis en cause dans leur sécurité financière ; plus opportunistes, pour les premiers, ou tempérés dans leurs arbitrages, pour les seconds, ils sont centrés sur la constitution ou la valorisation de leur patrimoine, au prix d'une dose de risque pour leurs placements.

- Endettement et immobilier : un repli durable mais en " bon ordre "

Le renversement des anticipations Comme cela avait été développé dans le cadre du précédent Observatoire Caisse d'Epargne , la montée des prix de l'immobilier sur la dernière décennie était exceptionnelle et son ampleur était de nature à interrompre la phase haussière du cycle au moindre retournement des anticipations. L'écart croissant entre le type de bien économiquement raisonnable pour les candidats à la propriété et le type de logement raisonnablement souhaitable n'était pas extrapolable. Quant à la baisse des taux, elle ne pouvait aller au-delà de celle de 2005, où s'étaient cumulés une faible inflation, une abondante liquidité mondiale, des primes de risque très faibles et des taux très bas dans la zone euro. Au-delà d'une sélectivité accrue dans l'offre de crédit, les phénomènes qui, hier, conduisaient à des acquisitions de logement dans l'urgence à la limite de concessions supportables par les ménages (peur d'une désolvabilisation future par la montée des prix, anticipations socialement partagées...), produisent aujourd'hui l'attentisme et la vigilance dans l'acte d'achat. En 2009, une poursuite du cycle baissier, mais tempérée par la pertinence du choix de l'accession Doit-on pour autant anticiper une baisse brutale et généralisée des prix immobiliers, consécutive à un effondrement des transactions ? Nos prévisions immobilières laissent à penser que la baisse à venir devrait être d'une ampleur moindre que la hausse des années passées. En effet, les Français ne croient pas au krach immobilier. Il envisagent certes majoritairement une baisse des prix (61 % en janvier 2009, contre 16 % en mai 2006), mais ils ne sont que 12 % à imaginer un repli important. Ils semblent avoir perçu positivement les évolutions récentes, puisque leur appréciation sur le caractère attractif du niveau des prix se redresse nettement, même si la majorité d'entre eux ne les jugent pas encore " intéressants ". Concernant les conditions de prêts, leur perception très dégradée de septembre dernier n'a guère été remise en cause en janvier 2009. Au total, 31 % des Français jugent que " le moment est favorable pour acheter ", et 47 % considèrent " qu'il est préférable d'attendre ". Cette appréciation attentiste sur la conjoncture tient aussi à l'image brouillée que renvoient à la fois la dimension financière de la crise, avec ses conséquences qu'elle pourrait avoir sur le marché immobilier, et sa dimension économique, avec ses effets sur l'emploi et la montée d'un sentiment d'exposition personnelle au risque de chômage.

Pour autant, l'image de l'immobilier comme placement ne semble pas ternie et la volonté d'accession des Français n'est pas remise en cause, notamment chez les jeunes. Ainsi, les intentions " certaines " d'achat d'une résidence principale à un horizon de cinq ans se maintiennent à environ 10 % des personnes interrogées, et les intentions d'achat d'un bien locatif se situent, en septembre 2008, et à nouveau en janvier 2009, au plus haut depuis 1997. En outre, la permanence de la préoccupation retraite et le rôle de premier plan assigné à l'immobilier dans sa préparation renforcent encore sa légitimité comme pierre angulaire du parcours patrimonial. Ces différents aspects devraient contribuer à modérer l'impact du cycle sur l'activité.

La phase baissière du cycle immobilier qui est engagée devrait être marquée par une baisse des prix de l'ordre de 10 % en 2009 dans l'ancien. La baisse des transactions devrait se prolonger en 2009, sous l'effet d'un nouveau recul des ventes dans l'ancien et de la construction dans le neuf, mais à un rythme moindre qu'en 2008 : les mises en chantier devraient revenir à 310 000 unités en 2009, contre 369 000 en 2008, mais après 437 000 en 2007 ; le total des transactions (neuf + ancien) devrait accuser un recul de 10,5 % au cours de l'année, après une chute de 14,6 % en 2008. Enfin, les crédits versés aux ménages devraient passer de 116 milliards d'euros en 2008 (contre 146 milliards en 2007) à 90 milliards en 2009.

- Placements financiers : le retour du long terme ?

Après une radicalisation des arbitrages en 2008... De 2003 à 2007, à la faveur du krach boursier, d'une rémunération jugée médiocre sur les produits réglementés et des sorties massives de l'épargne logement consécutives au changement de réglementation sur ce produit, les placements d'assurance vie ont capté environ les deux tiers des flux de placements financiers. Par ailleurs, le développement de l'offre de livrets rémunérés très au-delà des taux réglementés s'est traduit par la forte montée du livret bancaire (15 % des flux de placements financiers). En 2008, les arbitrages des ménages se sont radicalisés. L'apparition de la crise financière a renvoyé les valeurs mobilières à des souscription nettes négatives. La montée des taux d'intérêt à court terme a conduit à un " aplatissement " de la courbe des taux, le placement à dix ans n'étant guère mieux rémunéré qu'un placement à trois mois. Le Livret A et le livret de développement durable, d'une part, les livrets bancaires et les comptes à terme, d'autre part, ont largement bénéficié à la fois d'une quête effrénée de sécurité et de disponibilité, de la hausse des taux courts et de l'absence de revalorisation de la rémunération du PEL. Ce sont principalement les livrets qui ont tiré parti de cet environnement exceptionnel, et non l'assurance vie, comme durant la période 2005-2007. La double perte des reports des PEL et de la concurrence des produits de court terme a ramené les flux d'assurance vie en 2008 à un niveau à peine supérieur à celui de 2003.

.... Quels placements financiers en 2009 ? L'atonie de la consommation devrait conduire à une hausse du taux d'épargne en 2009, celui-ci passant de 15,7 % en 2008 à 16,3 %. En revanche, sous l'effet d'une très faible croissance du pouvoir d'achat et de la baisse des crédits nouveaux, les placements financiers des ménages devraient à nouveau refluer en 2009 (109,1 milliards d'euros en 2007, 97 milliards en 2008, 86,7 milliards en 2009). En effet, les périodes d'expansion du crédit favorisent traditionnellement les placements financiers, l'endettement permettant de limiter la liquidation d'actifs pour acheter un bien durable ou constituer un apport personnel en cas d'achat d'un logement. Ainsi, paradoxalement, la montée d'une attitude favorable à l'épargne de précaution dans les périodes de désendettement se traduit plutôt par la contraction des flux de placements que par une plus forte accumulation financière.

La ventilation entre les différents types de placements devrait, quant à elle, être dictée par la déformation des conditions économiques qui ont prévalu en 2008 et qui semblent fondamentalement remises en cause pour 2009. D'une part, les taux d'intérêt à court terme devraient rapidement être ramenés à 1,5 % par la Banque centrale européenne, modifiant radicalement l'attractivité des produits de court terme, avec des effets important sur les taux réglementés, d'autant que l'inflation pourrait être proche de zéro à la mi-année. D'autre part, les arbitrages qui se sont opérés au profit des placements de court terme en 2008 étaient purement tactiques, dans une configuration exceptionnelle des rendements. Pour autant, les besoins stratégiques des ménages nécessitant de se projeter à plus long terme (études, retraite, grand âge...) perdurent et se renforcent.

L'essentiel de la baisse des taux devrait affecter les livrets, dont la collecte pourrait passer de 49,8 milliards d'euros en 2008 à 7,1 milliards en 2009. Cette baisse des taux repositionnerait par défaut l'épargne logement, dont les retraits seraient presque divisés par deux. L'assurance vie, davantage en phase avec des préoccupations de long terme, retrouverait des niveaux de collecte plus élevés, mais sans revenir pour autant à ceux des années 2006 et 2007. En effet, la baisse des sorties sur l'épargne logement et un début de dégradation de l'image du produit, avec une certaine confusion entre sa dimension de sécurité (portée par les contrats en euros) et sa dimension de rendement et de risque (portée par les contrats en unités de compte), limiteraient le retour sur l'assurance vie. Enfin, les valeurs mobilières, quant à elles, devraient encore subir une légère décollecte, en partie compensée par un certain retour de l'appétence pour l'obligataire durant cette période de spreads élevés.


12 Février 2009
Hugin Southern Europe Press Release

Par Alexis Carré - Publié dans : marché
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Mercredi 18 mars 2009

Premier acheteur mondial d'arabica, Starbucks a noué avec les planteurs du Costa Rica des relations fondées sur les principes du développement durable et de l'investissement socialement responsable. Une politique qui permet au groupe américain de s'assurer un approvisionnement régulier en café de qualité, à des prix stables. Et aux paysans costaricains de survivre.

A gauche, pépinière de jeunes plants de café et fruits du caféier sur l'arbre. Rouge vif lorsqu'ils sont mûrs, ceux-ci sont appelés « cerises ». Ci-dessus, séchage des grains au soleil. Starbucks offre aux planteurs qui adhèrent à son programme une prime de l'ordre de 30 % par rapport aux prix du marché, qui ont chuté depuis l'été dernier.

Les hautes vallées du centre du Costa Rica offrent aux visiteurs un paysage de rêve. La ligne d'horizon est interrompue par des collines verdoyantes ponctuées, pendant la récolte, d'innombrables taches rouges, celles des « cerises ». A Talamanca, c'est ainsi qu'on appelle le fruit mûr charnu de l'arbuste de café, en raison de sa couleur rouge vif. Un petit coin de paradis ? Pas pour tout le monde... Ici, on travaille dur. Il faut aller chercher les cerises une à une, dans un enchevêtrement de branches sèches et piquantes. Les mains saignent vite. L'expérience se mesure à l'épaisseur des cals qui les recouvrent. Métier exigeant, harassant, dont la faible rentabilité récompense bien mal les cultivateurs des environs...

Pourtant, on s'arrache le café costaricain, qui a une excellente réputation. Celui de Talamanca en particulier. Starbucks ne s'y est pas trompé. Le géant américain du café achète chaque année, dans cette région du monde, les trois quarts de ses précieuses graines. De l'avis général, son arrivée a apporté une véritable bouffée d'oxygène aux planteurs de la zone, en leur permettant tout simplement de continuer leur métier. Sans les commandes de la célèbre chaîne de cafés, nombre d'entre eux seraient sans doute venus gonfler les bataillons de démunis de San José, la capitale du pays, littéralement encerclée par les bidonvilles.

Un cahier des charges ambitieux

Au Costa Rica, Starbucks n'apprécie pas seulement la saveur du café local. La multinationale y a également tissé des liens étroits avec les producteurs du cru, s'assurant ainsi un approvisionnement de grande qualité, à un prix relativement stable. Une façon de se couvrir contre les fluctuations du marché. Sur place, l'entreprise de Seattle exige deux choses de ses cultivateurs : une qualité irréprochable du café livré et un travail respectant son ambitieux cahier des charges. Baptisé « Cafe Practices » - Cafe pour « Coffee and Farmer Equity » -, ce dernier s'inspire explicitement des principes du développement durable et de l'investissement socialement responsable. Ceux qui y adhèrent doivent pouvoir répondre de façon satisfaisante à 24 pages de questions, allant des méthodes d'irrigation aux conditions de la récolte en passant par les critères de gestion financière. Lancé en 2004, ce programme est vite monté en puissance. Trois ans plus tard, 65 % du café acheté par Starbucks l'a été auprès d'agriculteurs respectant la « charte » maison. « L'objectif de 100 % est pour 2015 », assure Peter Torrebiarte, le bouillonnant Guatémaltèque qui dirige l'antenne d'Amérique centrale du groupe à San José.

Si les paysans de la région se convertissent aux pratiques préconisées par la société américaine, c'est qu'ils ont quelque chose à y gagner. En échange de leur adhésion au programme Cafe Practices, leur puissant acheteur leur consent en effet une prime moyenne d'environ 45 dollars par sac d'arabica, leur garantissant ainsi un prix supérieur de près de 30 % aux cours actuels du marché new-yorkais.

Esteban Sanchez, le plus jeune des neuf frères de la ferme familiale de Candelilla (90 acres), est l'un de ces « fournisseurs modèles ». Un fournisseur plutôt satisfait de son sort : chaque année, Starbucks lui achète environ 65 % de sa production, au prix moyen de 170 dollars le « fanaga » - l'unité de mesure locale, correspondant à un sac de 46 kilos. « Grâce à cela, nous pouvons survivre, assure-t-il. A condition de ne pas descendre sous une production annuelle de 1.250 sacs. »

Survivre. Pour la famille Sanchez, il s'agit bien de cela. Malgré la qualité de son café. Malgré les efforts fournis pour rendre la gestion de l'exploitation plus rigoureuse et pour rationaliser tout le processus de production, avec une chasse permanente aux coûts excessifs. « Nous avons remplacé une machine qui sélectionnait les graines en fonction de leur taille par nos mains et nos yeux. Cela nous fait économiser de l'électricité. Et puis, il est difficile de sortir 20.000 dollars pour un nouvel outil », se justifie Esteban.

Le rôle clef de la banque d'Etat

A elle seule, la ferme de Candelilla résume assez bien la situation précaire des plantations costaricaines, que le soutien d'un Starbucks suffit à peine à maintenir à flot. « Le juste prix pour notre profession serait de l'ordre de 225 dollars le «fanaga» », estime Esteban Sanchez. Un point de vue partagé par Carlos Rivera Chavarria : « 150 dollars le «fanaga», ce n'est pas un prix soutenable pour les agriculteurs », s'insurge le président de Coopetarrazu, une coopérative formée par près de 2.500 petits producteurs, qui vend environ 60 % de sa production à Starbucks, au prix moyen de 143 dollars le sac. Même pour une structure comme la sienne, a priori plus robuste, difficile de garder la tête hors de l'eau. « Nous arrivons à survivre parce que nous avons diversifié nos activités, en ouvrant un supermarché et une station-service », poursuit le patron de Coopetarrazu. Aujourd'hui, ces activités annexes assurent environ 40 % de son chiffre d'affaires annuel, qui s'élève à 30 millions de dollars. Leur rentabilité est telle que « nous sommes en mesure de distribuer des dividendes à nos membres dès que le prix du sac de café atteint les 150 dollars », enchaîne Carlos Rivera Chavarria.

Pour tenir debout, la coopérative locale peut s'appuyer sur une autre béquille : un accès relativement aisé aux marchés de capitaux. Dans un contexte financier particulièrement difficile, Coopetarrazu bénéficie de quelque 15 millions de dollars de lignes de crédit bancaires, au taux très avantageux de 7 %, auprès de la banque d'Etat Banco de Costa Rica (BCR). Cette dernière joue du reste un rôle clef pour les plantations du pays. Les plus petites exploitations, comme celle de Candelilla, ont accès à ses crédits aux mêmes conditions que les coopératives.

Un autre front décisif pour la survie de la filière du café costaricain est celui de la lutte contre le champignon « Hemileia vastatrix », ou rouille du café, qui donne une coloration caractéristique aux feuilles et empêche la photosynthèse de la plante. Sur ce terrain-là aussi, Starbucks s'efforce d'aider les cultivateurs. Ses agronomes sillonnent le pays pour aller à la rencontre de ses fournisseurs et les conseiller sur les meilleures méthodes pour défendre les arbustes caféiers.

Protéger les ressources

Etabli à San José depuis 2004 sous la direction de Peter Torrebiarte, le premier centre de soutien aux agriculteurs est composé de trois équipes distinctes : des agronomes, des spécialistes en qualité et des experts en développement durable. Rayonnant en Amérique centrale et latine, ce centre a essaimé en Afrique, avec un bureau à Kigali, au Rwanda, et va prochainement en ouvrir un autre en Ethiopie. Les collaborateurs de Peter Torrebiarte se battent aussi pour le respect de la terre. « Les anciennes générations d'agriculteurs costaricains ne pensaient qu'à tirer le rendement maximum des terres. Résultat : la production est tombée de 60-70 «fanagas» par hectare à 5. Aujourd'hui, une approche professionnelle plus attentive à la problématique de la protection des ressources naturelles et de la terre nous a permis de remonter les rendements à 30-35 «fanagas» », confirme Esteban Sanchez.



MASSIMO PRANDI
13 Février 2009
Les Echos
Par Alexis Carré - Publié dans : tendance
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Mercredi 18 mars 2009
« L'impact de la crise »,

sous-titre de l'étude « La gestion ISR et les institutionnels » du cabinet de consulting Seeds Finance (réalisée en partenariat avec la société de gestion Sparinvest), a conduit les « zinzins » à reconsidérer l'investissement socialement responsable. En France, ils représentent deux tiers des encours, qui s'élevaient à 25 milliards d'euros fin 2008. Plus de la moitié des 39 directeurs d'institutions françaises sondés par Seeds Finance affirment qu'une démarche spécifique a été entreprise dans le cadre de leur gestion financière chez eux, mais un peu moins de la majorité l'intègre dans le processus d'investissement et la sélection de gérants. Un quart des investisseurs institutionnels gèrent ainsi une poche ISR supérieure à 10 %, alors que plus d'un tiers se contentent d'un peu moins de 1 %.

L'approche développement durable et nouvelles thématiques emporte un tiers des suffrages, suivie par celle « best in class », pour moins d'un quart des personnes interrogées. Celle-ci consiste à aller rechercher l'entreprise qui se distingue le mieux pour ses pratiques dans son secteur. Les thèmes plus anglo-saxons de l'exclusion ou de l'activisme actionnarial ne déchaînent pas les passions, puisque moins de 10 % et de 15 % des institutions l'ont adopté.

à avoir intégré l'ISR dans le processus d'investissement, 86 % des sondés soulignent que la crise boursière a renforcé l'intérêt pour le concept et 71 % pour la mise en musique de cette gestion. L'impact du krach et les excès qu'il a engendrés ne sont pas étrangers au fait que la presque totalité d'entre eux pensent que la gouvernance financière va se renforcer chez eux, plus particulièrement dans l'adéquation actif/passif de leur capitaux, d'où cette recrudescence de révisions de leur allocation stratégique, et dans le détail des investissements avec une traçabilité. « La crise financière et les explications à donner sur la baisse des rendements viennent souligner ce retard et font de la gouvernance financière un sujet de préoccupation majeur pour les années à venir », estime Seeds Finance.



16 Février 2009
Les Echos
Par Alexis Carré - Publié dans : institutionnels
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Dimanche 15 mars 2009

L'entreprise doit-elle faire le bien... ou du profit ?

[ 05/03/09  Les Echos   ]

Alors qu'on parle de « refonder le capitalisme », trois livres en anglais pour se faire une opinion sur l'ISR - l'investissement socialement responsable - et la RSE - la responsabilité sociale d'entreprise.

CREATIVE CAPITALISM A Conversation with Bill Gates, Warren Buffett, and Other Economic Leaders

dirigé par Michael Kinsley, New York, Simon & Schuster, décembre 2008, 336 pages.


Bill Gates, un des plus grands capitalistes et des plus grands philanthropes de l'histoire humaine, a surpris Davos en janvier 2008 avec une conférence sur « Une nouvelle approche du capitalisme ». Il est temps, soulignait-il, que les plus grandes entreprises mondiales se mettent à travailler au service des plus pauvres dans le monde. Un an plus tard, alors que le capitalisme traverse une grave crise, l'influent journaliste Michael Kinsley a eu la bonne idée de publier cette tribune accompagnée d'un dialogue avec Warren Buffett et, surtout, d'une anthologie de critiques de la RSE (responsabilité sociale d'entreprise).


Cette collection d'e-mails (comme sur un blog) rassemble des signatures prestigieuses, plus ou moins neuves, plus ou moins libérales : Ed Glaeser, William Easterly, Richard Posner, Martin Wolf, Esther Duflo, Edmund Phelps, Robert Reich, Lawrence Summers, Gary Becker. Les textes sont encore présents sur le site Internet http://creativecapitalism.typepad.com.


De ces dialogues épistolaires de haut rang, il ne ressort pas une grande ferveur pour le projet du fondateur de Microsoft. Pour Milton Friedman, notamment, les responsables d'une entreprise n'auraient qu'une responsabilité : maximiser le profit. A la rigueur, notait Friedman, si la RSE permet d'atteindre ce but, alors il faut suivre cette voie. Il n'y a donc aucune obligation morale de principe à la direction sociale du capitalisme. Nombre de contributeurs suivent cette perspective et voient dans les positions de Gates une aberration.


Que les entreprises intègrent la justice sociale dans leur « business plan » est une idée noble, mais c'est seulement une idée, détachée de la réalité et de l'efficacité. Gates considère que le génie capitaliste est de mettre implicitement l'intérêt individuel au service de l'intérêt général. Mais cette mise au service des autres ne saurait passer explicitement par une obligation, ni même par de simples incitations. Le « must read », donc, sur la question, surtout en ces périodes d'interrogations sur le capitalisme.


INVESTING FOR CHANGE Profit From Responsible Investment

par Augustin Landier, Vinay B. Nair, Oxford University Press, 2009, 168 pages.


Augustin Landier et Vinay B. Nair enseignent la finance. Estimant que l'on peut valablement concilier ISR (investissement socialement responsable) et rentabilité, ils pensent qu'on peut gagner de l'argent tout en changeant le monde. L'ISR, qui n'est plus le fait d'une minorité de militants, représente 10 % des actifs en gestion aux Etats-Unis, soit 2.300 milliards de dollars, et plus de 1.000 milliards en Europe. L'ISR n'est pas une mode passagère, mais un mouvement structurel, accompagnant notamment la féminisation progressive du management.


Landier et Nair, dans cet ouvrage original et documenté, dessinent 3 profils d'investisseurs auxquels ils attribuent une couleur (ce qui rend la photocopie difficile). Le jaune intervient sur les marchés sans transiger avec ses principes, au risque de contre-performances. Le bleu, pragmatique, fait des compromis. Le rouge n'arbitre en faveur de l'ISR que s'il pense que c'est rentable. Tout est néanmoins relatif, selon que l'on est plus ou moins sensible aux droits de l'homme, à l'environnement, au travail des enfants. En un sens, nous sommes tous des investisseurs multicolores, jaunes pour certains thèmes, rouges ou bleus pour d'autres.


Pragmatiques, Landier et Nair invitent à constituer des portefeuilles diversifiés, sans exclure des secteurs, mais en y privilégiant les entreprises les mieux notées. Les experts montrent une corrélation positive entre responsabilité et profitabilité. Leur portefeuille responsable, établi rétrospectivement, présente des résultats significativement supérieurs au S&P 500. Les entreprises « vertueuses » s'assurent la fidélité de leurs clientèles, l'attachement de leurs employés, et une certaine limitation des risques juridiques et médiatiques.


CORPORATIONS AND CITIZENSHIP

par Andrew Crane, Dirk Matten, Jeremy Moon, Cambridge University Press, 2008, 250 pages.


Dans cet ouvrage de facture théorique, 3 enseignants en management, férus de RSE, reviennent sur les liens entre entreprise et citoyenneté. Pour adapter certains termes célèbres d'Aristote, on pourrait dire qu'ils considèrent que l'entreprise est comme l'homme un animal politique. Impliqués dans des travaux sur la « citoyenneté » d'entreprise, nos auteurs décortiquent les notions en reprenant des articles publiés dans des revues savantes spécialisées (« Business Ethics Quarterly », « Journal of Business Ethics »).


Leur point de départ est un constat très commun. Qu'il s'agisse de guerres, de pauvreté, de changement climatique, de diversité, les entreprises sont toujours davantage appelées aux tribunaux de l'éthique, de la responsabilité et des bonnes pratiques. Intéressé par la citoyenneté « cosmopolitique » des firmes, le propos de ce livre porte plus fondamentalement sur l'intégration de l'entreprise dans la société et sur l'intégration dans l'entreprise de ses salariés, de ses clients et de toutes ses « parties prenantes ».


Trois thèmes sont abordés en profondeur. En tant que « citoyennes », les entreprises sont membres d'une communauté (maintenant mondialisée). Elles y apportent leurs valeurs et y défendent leurs intérêts. En tant que « gouvernements », les entreprises sont des communautés dans lesquelles s'administrent des droits et s'allouent des ressources. Enfin, en tant que sujets de délibération et de confrontation, les entreprises constituent une « arène » autorisant toutes les parties prenantes à faire valoir leur citoyenneté à l'égard de leurs choix.


Cette exploration conceptuelle de trois relations possibles entre citoyenneté et entreprise, qui pèche par ses longueurs, met de l'ordre dans le débat.

JULIEN DAMON est professeur associé à Sciences po (master d'urbanisme).
Par Alexis Carré - Publié dans : tendance
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