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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 07:35

Le marché de l'épargne retraite d'entreprise progresse vite ; il attire les convoitises alors qu'il a longtemps été le pré carré de quelques acteurs historiques. De nouveaux fournisseurs de Perco et autres "articles 83" apparaissent. Il s'agit de grandes sociétés de gestion, de filiales de groupes de protection sociale, ou encore de petites structures indépendantes.


1 Article 83 versus Perco ?

Si l'image d'un Perco - porté par les banques - venant concurrencer l'article 83 - promu par les assureurs - est encore assez juste, le clivage tend à s'estomper. Les deux produits sont complémentaires et peuvent se cumuler.

Plus 59 % entre décembre et juin 2007. Les sommes gérées au sein des plans d'épargne retraite collectifs, les fameux Perco, gonflent à vitesse grand V. L'encours global demeure peu élevé (1,21 milliard d'euros, selon l'Association française de la gestion financière), mais ce dispositif, concrètement mis en place en 2004, est encore jeune.

Le Perco vient compléter, mais également concurrencer, un autre grand régime par capitalisation : celui qui est régi par l'article 83 du code général des impôts. Les "articles 83" - qui existent, dans leur forme actuelle, depuis 1985 - pesaient 30,375 milliards fin 2006.

Au travers de ces deux dispositifs, ce sont deux types de fournisseurs qui avancent leurs pions : les banques d'une part, avec les Perco, et les compagnies d'assurance d'autre part, avec les articles 83. Il ne s'agit toutefois pas d'un véritable affrontement, puisque les deux métiers s'interpénètrent. Le Groupe Crédit Agricole, par exemple, propose les deux dispositifs : les Perco sont commercialisés par Crédit Agricole Asset Management (CAAM) et les articles 83, par la filiale Prédica qui est une compagnie d'assurance.

Les assureurs proposent également des produits relevant de l'article 39 qui représentent un encours important. Toutefois, ces régimes étant à prestations définies, ils sont délaissés par les entreprises qui n'en font généralement bénéficier que quelques dirigeants. Les autres dispositifs représentent des encours marginaux.

Sur le marché de l'épargne retraite d'entreprise, le Perco et l'article 83 peuvent donc apparaître comme deux régimes par capitalisation concurrents l'un de l'autre. Tous deux peuvent être classés dans la catégorie des régimes à "cotisations définies", par opposition à "prestations définies", même si, dans le cas du Perco, le niveau des cotisations peut varier.

Le Perco a souvent la préférence des représentants des salariés car il peut être débloqué en cas d'achat de la résidence principale. Autre particularité : il doit être constitué de sicav ou de fonds commun de placement d'entreprise (FCPE).

Avec le Perco, comme avec l'article 83, le salarié peut opter pour une gestion libre ou pilotée. Dans la première option, il oriente lui-même son épargne vers différents fonds. Dans la seconde, il s'en remet au prestataire pour la gestion des actifs.

L'article 83 offre une alternative : l'adhérent a également la possibilité d'accéder au contrat d'assurance vie en euros de la compagnie.

Comment les employeurs décident-ils d'adopter le Perco ou l'article 83, ou encore, les deux dispositifs ? "Au sein d'une PME, le dirigeant prend souvent sa décision en fonction de la qualité de la relation commerciale qu'il entretient avec son banquier ou avec son assureur, remarque Benoît Magnier, président de la société de conseil Altedia IC. Dans les grandes entreprises, la politique d'épargne retraite se définit à l'issue d'études actuarielles. De nombreux paramètres entrent en ligne de compte : la générosité avec laquelle l'employeur est prêt à accompagner l'effort d'épargne de ses salariés, sa volonté de favoriser ou pas les bas salaires, la pyramide des âges de l'ensemble des salariés... La solution optimale passe souvent par la mise en place des deux régimes."

2 Les acteurs historiques

Quelques prestataires se partagent l'essentiel du marché de l'épargne retraite d'entreprise. Il s'agit de grandes structures bancaires et assurancielles telles que CAAM, AGF ou encore BNP-Paribas.

Les grands acteurs de l'épargne retraite offrent bien sûr, aux adhérents qui optent pour la formule libre, la possibilité d'investir sur des fonds "classiques" (actions, obligataires, ISR...). Mais pas seulement. Le Groupe Crédit Agricole, très présent sur le marché du Perco, au travers de sa filiale CAAM, propose depuis 2007 la gamme PREM. "Avec cette nouvelle gamme, nous offrons aux épargnants des possibilités de diversification thématique ou géographique", fait valoir Pierre Schereck, directeur commercial et marketing de l'épargne entreprise chez CAAM. Les fonds proposés sont investis sur les pays émergents, l'Europe nouvelle, les small caps ou les matières premières notamment. Le fonds obligataire indexé sur l'inflation fait l'objet d'une réflexion au sein de l'équipe "Épargne salariale" car il rencontre un succès très modéré. "Les obligations indexées sur l'inflation présentent un réel intérêt dans une perspective d'épargne retraite, rappelle Pierre Schereck. Mais leur fonctionnement est relativement complexe, ce qui peut rebuter les salariés. Nous réfléchissons donc à la mise en place d'une meilleure approche pédagogique." Les salariés expriment leurs attentes ou leurs réticences au travers de leurs représentants. Les sociétés de gestion apprennent peu à peu à dialoguer avec les organisations syndicales, et inversement. Les premières sont de plus en plus pédagogues et les secondes se forment progressivement à la gestion d'actifs. "Nous organisons régulièrement des journées de formation destinées aux délégués syndicaux qui sont généralement très demandeurs, signale Pierre Schereck. Le dialogue avec les partenaires sociaux est de plus en plus constructif."

Les équipes de CAAM mettent en avant la qualité de leur tenue de compte, assuré par CREELIA. Pourtant les droits d'exploitation du logiciel de CREELIA, conçu par les équipes de Crédit Agricole, ont été cédés par le groupe en mars 2006 à Line Data Services qui commercialise cet outil auprès d'autres sociétés de gestion. De plus, CREELIA sous-traite la tenue de compte de plusieurs sociétés de gestion extérieures au groupe Crédit Agricole. Le modèle CREELIA est donc aujourd'hui utilisé par de nombreux concurrents de CAAM. En quoi l'utilisation de CREELIA constitue-t-elle un avantage compétitif pour CAAM ? "Non seulement nous bénéficions des atouts de CREELIA qui est devenu une référence sur le marché, mais il n'existe aucune rupture de chaîne entre la gestion financière et la tenue de compte, fait valoir Pierre Schereck. Cette intégration permet d'offrir un service de meilleure qualité."

Sur la tenue de compte, CAMM donne également cette indication digne d'intérêt : "Le coût de la tenue de compte reste encore supérieur au prix de vente répercuté aux clients."

L'encours géré par CAAM au travers de Perco s'élève à 366 millions d'euros (au 31 septembre 2007). Les frais de gestion varient selon les fonds. À titre d'exemple, sur les actions zone euro, ils se situent dans une fourchette allant de 0,65 à 1,05 % de l'actif géré.

Sur le marché des produits relevant de l'article 83, AGF France fait partie, au travers de son activité d'assureur, des acteurs incontournables. "Aux souscripteurs qui optent pour une gestion libre, nous offrons la possibilité d'investir sur différents fonds reposants sur des sous-jacents relativement " classiques ", signale Arnaud Sanglé-Ferrière, responsable du développement de la direction Retraite et Épargne Salariale d' AGF France. Il s'agit de fonds actions zone euro ou monde, immobilier, obligataires zone euro, monétaires ou ISR."

Des sous-jacents relativement "classiques"

En gestion libre, les souscripteurs peuvent choisir également des fonds profilés. Il s'agit de fonds de fonds conçus par le gestionnaire et offrant un certain profil de risque : dynamique, équilibré ou prudent. "Cette formule est à mi-chemin entre la gestion totalement libre et la gestion pilotée", relève Arnaud Sanglé-Ferrière. Mais la majorité des salariés choisit la gestion pilotée. AGF propose essentiellement des fonds "maison". "Notre savoir-faire répond à la plupart des besoins en matière d'épargne retraite d'entreprise, estime Arnaud Sanglé-Ferrière. De plus, nous avons désormais accès à l'expertise d'Allianz." Toutefois, dans le fonds profilé dynamique, un fonds externe peut éventuellement être intégré à l'allocation. Autre exemple : le fonds "Insertion Emploi" proposé par AGF est géré par la Caisse des dépôts et consignations. Les frais de gestion prélevés sur le fonds actions zone euro s'élèvent à 1,5 %. L'encours géré au titre de l'article 83 s'élève à 6,4 milliards d'euros. AGF est également présent sur le marché du Perco, mais l'encours n'est pas communiqué.

Le groupe BNP Paribas commercialise lui aussi les deux dispositifs, au travers de BNP Paribas E&RE (Épargne & Retraite Entreprises). Il propose même, depuis 2005, une offre couplée, Préférence Duo, qui associe les avantages du Perco à ceux de l'article 83.

Une offre couplée Perco-83

"Les deux dispositifs sont très complémentaires, estime Brigitte Feist, directrice Marketing et Communication de BNP-Paribas E&RE. Les associer permet notamment de mélanger une sortie en rente et une sortie en capital." Autre exemple : le Perco est forcément ouvert à tous les salariés, tandis que l'accès à l'article 83 peut être restreint à une catégorie de personnel. Dans la pratique, l'assurance vie "retraite" est souvent réservée aux cadres car leur taux de remplacement est généralement très inférieur à celui des ouvriers ou des employés. La loi permet de loger des sicav au sein des articles 83 et des Perco. C'est cette forme juridique de supports d'investissement (plutôt que les FCP et FCPE) qu'a choisi de privilégier BNP Paribas E&RE, dans le cadre de la gestion pilotée. Comment les frais sont-ils calculés ? "Pour une entreprise de taille moyenne (200 à 1 500 salariés), les frais de gestion des compartiments actions de la SICAV BNP Paribas Retraite s'élèvent à 1,20 %, explique Brigitte Feist. Dans un dispositif article 83, viennent s'ajouter les frais du contrat d'assurance vie, c'est-à-dire environ 0,6 % l'an des encours gérés." Dans le cadre d'un Perco, s'ajoutent les frais de tenue de comptes : un forfait de 120 euros HT par entreprise plus un forfait par salarié à partir de quatre euros. Dans les deux dispositifs les salariés peuvent opter pour une gestion par horizon (formule pilotée) soit au travers de fonds générationnels, soit au travers d'une "cascade". Dans la seconde alternative, l'épargne est progressivement désensibilisée au risque actions à mesure que le salarié approche de son départ à la retraite (grand principe de la gestion par horizon) mais il est également possible de choisir un profil de risque. En début de carrière par exemple, la part d'actions dans le profil prudent sera moins élevée que dans le profil dynamique. BNP-Paribas E&RE gère (au 31 décembre 2007) 142 millions d'euros au titre du Perco. L'encours d'articles 83 était de 467 millions d'euros au 31 décembre 2006. Depuis 2006, la société assure la tenue de comptes de ses dispositifs d'épargne salariale au travers de S2E, une filiale détenue avec trois autres poids lourds de l'épargne d'entreprise : AXA, HSBC et Société Générale. S2E utilise le système d'information commercialisé par Line Data Services.

3 Les challengers

De nouveaux intervenants commencent à pénétrer le marché de l'épargne retraite d'entreprise. Ils s'appellent Dexia, Fortis, Fédéris Épargne Salariale ou encore ERES

"En matière d'épargne salariale, il n'est plus aujourd'hui indispensable d'assurer à la fois la gestion financière et la tenue de comptes, relève Yves Goldschild responsable des relations institutionnelles Épargne Entreprise chez Dexia Asset Management. Bien que nous ne soyons pas teneurs de comptes, nous pouvons donc proposer aux entreprises de mettre en place la gestion financière de leur Perco. Nous avons l'agrément permettant de créer des FCPE. Toutefois, le teneur de comptes exige généralement des frais plus importants lorsque la gestion financière n'est pas assurée par une société dépendant du même groupe que lui." Aussi, c'est le plus souvent en tant que spécialiste de l'ISR que Dexia AM parvient à pénétrer le marché. La société de gestion propose en effet d'intégrer ses FCP ou ses FCPE ISR dans des dispositifs d'épargne existants. "Les organisations syndicales sont très demandeuses de gestion ISR, observe Yves Goldschild. De plus, cette gestion est très bien adaptée à une épargne de long terme ; enfin, nous faisons partie des acteurs de tout premier plan en matière d'ISR." Les frais prélevés sur un fonds actions socialement responsable se situent dans une fourchette allant de 0,50 à 0,90 %. La gamme ISR comprend également des fonds obligataires, diversifiés et monétaires.

"Nous sommes présents de façon indirecte sur le marché du Perco. Aussi, les statistiques officielles ne font pas apparaître notre encours qui s'élève à environ 200 millions d'euros", précise Yves Goldschild.

La stratégie de Fortis Investments, avec sa filiale spécialisée Fortis Épargne Retraite, est assez comparable. Cette société de gestion cherche à intégrer, à des Perco existants ou en construction, des FCP ou des sicav qu'elle propose également aux investisseurs institutionnels. La superposition de fonds et donc de frais de gestion ne risque-t-elle pas d'entraîner un surcoût pour l'entreprise ? "La philosophie de l'architecture ouverte implique en effet que les frais de gestion du fonds qui accueille, tout comme ceux des fonds sous-jacents constituant le moteur de la gestion, soient à la fois compétitifs, ajustés en fonction des encours sous gestion et cohérents par rapport au rendement attendu de la classe d'actifs, détaille Christophe Valette en charge des relations avec la clientèle "entreprises" au sein de Fortis Investments. Avec la création de parts dites " institutionnelles ", il est généralement possible de créer des architectures sous la forme de fonds de fonds particulièrement compétitives en termes de coûts. Fortis a enregistré un premier grand succès dans la gestion de Perco en 2006 avec 18 millions d'euros en actions internationales."

Des institutions de prévoyance

Grande catégorie de concurrents pour les Éléphants de l'épargne retraite d'entreprise : les institutions de prévoyance (IP). Historiquement, les groupes de protection sociale gèrent le régime de retraite par répartition "Agirc-Arrco" et proposent des produits de prévoyance au travers de leurs IP. Ces dernières profitent des liens établis de longue date avec de nombreuses entreprises pour proposer des produits de retraite supplémentaire. Atout non négligeable : les organisations syndicales sont culturellement plutôt favorables à ces institutions.

Fédéris Épargne Salariale (FES), né en 2006, est une société filiale des deux groupes de protection sociale Médéric et Malakoff. Cette structure commercialise l'offre de produits "articles 83" gérés par la CMAV (société d'assurance à forme mutuelle du groupe Malakoff) ainsi qu'une offre "Perco". Les fonds sous-jacents sont gérés par Fédéris Gestion d'Actif (FGA), autre filiale des deux groupes de protection sociale. "Sur le marché de l'article 83, nous sommes bien implantés parmi les PME et les travailleurs non salariés et auprès de quelques grandes entreprises, explique Michel Bonnenfant, président du directoire de FES. Sur le marché du Perco, que nous explorons depuis seulement un an et demi, nous sommes essentiellement présents au travers des PME. Dans les grandes entreprises, nous ne gérons pas encore de Perco de façon globale, mais des fonds de FGA sont présents dans des Perco existants."

Les encours de FES représentent 350 millions d'euros (Perco + PEE) ; ceux de la CMAV pèsent 600 millions (articles 83 et 39). Les frais de gestion prélevés, par exemple, sur un fonds actions zone euro s'élèvent à 0,6 %. Quant aux frais de tenue de comptes ? "Ils varient selon la taille de l'entreprise", répond-on succinctement chez FES.

Autre institution de prévoyance présente sur le marché du Perco : AG2R. Cette IP est également active dans l'univers de l'article 83 au travers d'ARIAL assurance, société détenue conjointement avec l'assureur mutualiste La Mondiale.

"Les institutions de prévoyance accompagnent le recul du régime par répartition en proposant des formules par capitalisation, analyse Lionel Tourtier, délégué général de Fondact, association destinée notamment à favoriser le développement de l'épargne salariale. Elles sont généralement des partenaires incontournables d'un secteur donné et y sont donc très légitimes pour proposer des formules d'épargne retraite en entreprise."

Un outsider

Enfin, un véritable outsider est né en janvier 2007. Il s'agit d'ERES (Épargne retraite et salariale), société de gestion créée par l'équipe dirigeant Debory, société de conseil et de distribution spécialisée notamment en épargne salariale. La gamme ERES Sélection offre 19 FCPE qui comprennent chacun plusieurs FCP. Ces FCP sont ceux de sociétés de gestion indépendantes (Financière de l'Échiquier, Carmignac Gestion, Montpensier Finance, DNCA Finance, Tocqueville, La Française des Placements...). Les grandes maisons ne sont pas totalement absentes de l'offre de l'outsider, mais la spécificité d'ERES est d'ouvrir l'épargne salariale aux sociétés de gestion indépendantes. Quel est l'intérêt de cette ouverture ? "Les produits proposés par les grandes sociétés de gestion se ressemblent, estime Olivier de Fontenay, cofondateur de Debory et de ERES. De plus, ils ont un comportement très indiciel ; ils ont tendance à suivre les évolutions du marché.

À l'inverse, les sociétés de gestion indépendantes mettent tout en oeuvre pour moins subir les aléas du marché." La gamme ERES Sélection s'adresse essentiellement aux PME, mais en tant que multigérant, ERES peut également élaborer des FCPE dédiés pour les entreprises de grande taille. L'encours d'ERES, à fin décembre 2007, s'élève à 150 millions d'euros dont 3 millions correspondent au Perco. Les frais de gestion (indépendamment de ceux qui sont prélevés par les FCP), varient de 0,6 % à 2 %.

Le multigérant propose CREELIA comme teneur de comptes. Pour les entreprises de 11 à 200 salariés, les frais s'élèvent à 100 euros HT par société et à 22 euros par compte. Ce tarif couvre la tenue de comptes du Percoi et du PEI (Perco et PEE adaptés à l'univers des PME). Davantage de prestataires donc et des délégués syndicaux de plus en plus compétents c'est-à-dire plus exigeants... La retraite n'est plus un marché de tout repos !

FRANCE TÉLÉCOM : UN PERCO SUR MESURE

Anne Fleuret, responsable de l'actionnariat interne et de l'épargne salariale

"Nous avons décidé de construire nos propres FCPE, à partir des meilleurs FCP."

Asset Management Magazine - Quels dispositifs d'épargne retraite le groupe France Télécom propose-t-il à ses salariés français ?

Anne Fleuret - Nous proposons plusieurs dispositifs d'épargne retraite. Des dispositifs de retraite supplémentaire existent pour le management et, depuis 2006, nous avons mis en place un dispositif Perco, ouvert à toutes les catégories de personnel des différentes entités du groupe qui ont signé l'accord.

A.M.M. - Pouvez-vous nous décrire le Perco mis en place par le groupe France Télécom ?

A.F. - La construction de ce Perco s'est faite avec les organisations syndicales. Nous avons travaillé avec le cabinet de conseil Altedia pour l'appel d'offres que nous avons lancé. Altedia est également intervenu dans les comités techniques mis en place pour les délégués syndicaux afin d'expliquer les principes fondamentaux de la gestion d'actifs à long terme. Nous n'avons pas été très convaincus par l'offre de FCPE existants sur le marché. Ces véhicules, comparés aux FCP, n'étaient pas très performants et les frais de gestion étaient élevés. Par ailleurs, la direction et les représentants du personnel souhaitaient que l'Investissement Socialement Responsable (ISR) soit présent dans le dispositif. Nous avons décidé de construire nos propres FCPE, à partir des meilleurs FCP.

A.M.M. - Comment ces FCPE sont-ils construits ?

A.F. - Nous avons élaboré les FCPE à base des FCP qui répondaient le mieux à nos critères. Trois de nos FCPE sont donc des fonds de FCP. Le FCPE actions comprend quatre FCP actions : un fonds actions européennes géré par AXA Rosenberg selon une approche quantitative ; sur la zone euro, nous avons sélectionné un véhicule géré par Fidelity sur la base d'un processus fondamental et Allianz AM gère le fonds actions euro ISR ; Fortis gère le fonds actions internationales.

Notre FCPE obligataire comprend trois FCP dont un fonds ISR géré par IDEAM. Le FCPE monétaire détient un unique FCP, celui de Groupama. Le FCPE solidaire, quant à lui, n'a pas été construit par le groupe. Il s'agit du FCPE Fongépar "Insertion-Emplois" aujourd'hui fusionné avec le FCPE Fongépargne "Insertion-Emplois".

A.M.M. - Comment les salariés orientent-ils leur épargne ?

A.F. - Dans notre Perco, les salariés ont le choix entre une gestion libre, pilotée ou mixte et l'abondement de l'employeur s'élevait, pour 2007, à 550 euros pour 700 euros investis par le salarié (participation et intéressement compris). L'encours de notre Perco est de 140 millions d'euros au 31 décembre 2007. Chaque adhérent détient 2 900 euros en moyenne. Environ 40 % des ayants droit au Perco y ont souscrit.

Peu après la mise en place du dispositif, qui s'est faite en juin 2006, 60 % des salariés avaient choisi une gestion pilotée. Aujourd'hui, la gestion libre est majoritaire à 53 % et l'épargne s'est essentiellement orientée vers les fonds actions qui représentent 50 % des avoirs.



Sophie Gauvent
1 Mars 2008
Asset Management Magazine
Par Alexis Carré - Publié dans : épargne salariale
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 07:32

Créée il y a trois ans, Fortis Épargne Retraite ambitionne de multiplier par six ses encours gérés au titre de l'épargne salariale, 80 millions d'euros aujourd'hui, d'ici à mars 2008.


Les réformes en cours visant à promouvoir l'épargne d'entreprise ne laissent pas les gestionnaires de portefeuilles indifférents. À leurs yeux, des mesures comme des incitations fiscales en faveur de la participation et de l'actionnariat salarié, notamment dans les petites et moyennes entreprises, sont une aubaine. Créée il y a trois ans, Fortis Épargne Retraite entend d'ailleurs bien en profiter pour se renforcer sur le marché français. Si, pour le moment, ses encours gérés au titre de l'épargne salariale s'élèvent seulement à 80 millions d'euros, cette filiale du groupe Fortis ambitionne de les multiplier par cinq, voire six, d'ici à la fin du premier trimestre 2008. Pour y parvenir, Fortis Épargne Retraite a ainsi étoffé ses équipes en recrutant l'an dernier plusieurs commerciaux. Ce qui porte désormais le nombre des salariés de cette filiale à sept personnes, contre quatre précédemment. Elle pourra également s'appuyer sur le portefeuille de clients de Fortis dans l'Hexagone, qu'il s'agisse des entreprises clientes du pôle bancaire, essentiellement des grands comptes et des petites et moyennes entreprises (PME) ou encore des clients de sa banque d'affaires ou de sa compagnie d'assurance .

DIFFERENTES EXPERTISES

Sur le front de la gestion financière de cette épargne d'entreprise, Fortis Épargne Retraite pourra dans le même temps compter sur les différentes expertises du groupe. En gestion d'actifs, le groupe belgo-néerlandais est organisé géographiquement par pôle de compétences, avec notamment une équipe parisienne de gérants. Fortis Investments propose également, dans le cadre de l'épargne salariale et des contrats de retraite, de la multigestion et l'accès à de nombreuses gestions hors du groupe par l'intermédiaire de l'architecture ouverte.

Par ailleurs, le groupe pourra mettre à profit un savoir-faire mis au point aux Pays-Bas dans le cadre de ses activités auprès des fonds de pension, à savoir la transformation du capital en rente. " En France, la rente a peu de succès. En revanche, à partir du moment où les clients connaissent précisément le montant de la rente qu'ils pourront percevoir grâce au capital qu'ils auront constitué, la rente commence à les intéresser. Mais il faut posséder des fonds propres importants et une bonne notation pour offrir cette garantie ", explique Thierry Augier, directeur général de Fortis Épargne Retraite.

En fonction du profil du client, Fortis a retenu deux stratégies commerciales. Pour les grands comptes, il répond à des appels d'offres et propose alors de gérer une ou plusieurs poches du mandat en jeu. À ce titre, il a été sélectionné en 2007 dans le cadre des appels d'offres de France Télécom, des Pages Jaunes et de Pfizer afin de gérer une partie de leurs fonds communs de placements d'entreprises (FCPE).

Pour les PME et les très petites entreprises, Fortis propose une offre packagée comprenant cinq fonds profilés auxquels s'ajoutent depuis quelques semaines un fonds d'investissement socialement responsable géré depuis Francfort en Allemagne.


RACHEL MONTERO
26 Février 2008
La Tribune
Par Alexis Carré - Publié dans : épargne salariale
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