Sondage: La finance jugée apte à participer au développement durable

Publié le par Alexis Carré


Investissement. Les arguments de la « finance responsable » séduisent... mais les produits restent mal compris.

Lentement mais sûrement, l'investissement socialement responsable (ISR) acquiert droit de cité dans le paysage financier. En ces temps troublés, le concept apparaît même comme l'ultime rempart aux maux prêtés au « casino de la finance ». L'association Paris-Europlace, dont la mission est la promotion de la place financière de Paris, a bien compris le bénéfice d'image qu'elle pouvait en retirer. Elle organise aujourd'hui un grand colloque, intitulé « Renforcer la contribution de la finance au développement durable ». De nombreuses personnalités françaises et européennes ont témoigné leur intérêt. Si Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, avait accepté de longue date de participer à l'une des tables rondes relatives aux défis environnementaux, il a été rejoint depuis par sa collègue de l'Économie et des Finances, Christine Lagarde, qui ouvrira les débats, lesquels seront clos par le président Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. protéger la planète.

Un sondage commandé pour l'occasion montre que les Français sont sensibles à la question. Leurs médiocres connaissances en économie ne les empêchent pas d'afficher une vraie sensibilité au développement durable. Selon l'institut de sondage Opinion Way qui les a interrogés, ils sont 73 % à évoquer spontanément à cet égard la préservation de l'environnement et des ressources naturelles et 62 % à valoriser la préservation de l'avenir et des générations futures. Seuls 5 % restent secs sur le sujet. Si on recentre la question sur la « finance durable », 42 % des répondants intègrent ces critères dans les produits financiers, 37 % évoquent l'investissement socialement responsable (ISR) et 30 % vont plus loin en faisant référence à la microfinance (un concept qui reste étranger aux trois quarts d'entre eux) et les produits financiers éthiques.

Le hic, c'est qu'ils ne sont que 13 % à utiliser ces différents instruments, à comparer à 74 % des répondants disant épargner, quoique 52 % trouvent les produits ISR séduisants (41 % y sont hostiles). Parmi ces derniers, le quart le fait pour protéger la planète, à peine moins (23 %) agissent en ce sens par idéologie et choix philosophiques, quand 20 % estiment tout simplement que c'est rentable. Pour y parvenir, près de la moitié utilisent leur plan retraite ou leur assurance-vie et le quart en choisissant des placements labellisés ISR. Enfin 6 % ont recours à un Livret de développement durable et 6 % délèguent à leur banquier.

Dans le contexte de la crise financière, ils jugent à 45 % que les instruments les plus utiles sont ceux qui sont labellisés ISR alors que les produits financiers intégrant les critères de développement durable sont retenus par 36 % d'entre eux. Placements à long terme, microfinance et produits financiers éthiques convainquent le tiers des sondés, quand les investissements verts ou environnementaux sont privilégiés par le quart. Là où ça se complique, c'est que 85 % des Français se déclarent incapables de définir spontanément le concept d'ISR. Mais, tout n'est pas perdu, car ils admettent à 56 % que c'est un produit intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance sur les entreprises qui les composent.

Près du quart (23 %) ont toutefois une vision un peu décalée en y voyant un investissement dans des filières qui s'occupent de promouvoir l'insertion sociale et 9 % n'y voient qu'un produit à forte tonalité écologique. La même part adopte une réponse limitant le concept aux fonds éthiques de type exclusif (alcool, armement, tabac?).57 %des Français considèrent que les fonds ISR sont un placement intéressant financièrement.


Green business
24 Novembre 2008
La Tribune
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