L'activisme des institutionnels français fait encore défaut
Les investisseurs institutionnels français rechignent encore à influer sur les entreprises dont ils sont actionnaires afin de les amener à corriger ou à changer leurs politiques environnementales, sociales et de gouvernance, selon une étude réalisée par Novethic avec le soutien de BNP Paribas Investment Partners. Aussi leur activisme fait-il encore défaut, tout comme leur culture de lobbying en matière d'investissement socialement responsable (ISR). Ils sont pourtant de bonne volonté, encouragés par quelques investisseurs responsables emblématiques comme l'Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp). Mais, dans les faits, ils semblent un peu démunis face à l'ampleur de la tâche.
Si, parmi la trentaine d'institutionnels français, la plupart (70 %) se sentent investis d'un devoir de responsabilité à l'égard de la stratégie ISR des entreprises dans lesquelles ils placent leur argent, ils ne se donnent guère les moyens d'influer sur leurs pratiques et leurs comportements. Pour eux, le meilleur moyen d'arriver à leurs fins est l'envoi de questionnaires aux sociétés et l'expression de leur sensibilité dans le cadre d'un engagement distant, courtois et finalement peu revendicatif. Ce qui témoigne d'un certain angélisme ou d'un certain réalisme au regard des freins qu'ils estiment à l'exercice de leur sensibilité d'investisseur responsable (voir illustration). Parmi ces freins, le désintérêt de leurs propres bénéficiaires (à l'exception du monde paritaire) pour ces questions est évoqué comme le principal obstacle à leur activisme.
A l'inverse, ils associent fortement gestion de long terme et implication en matière d'ISR avec un prisme très franco-français qui tourne autour du social. A cet égard, les institutionnels semblent attentifs au respect des droits de l'homme dans les pays étrangers dans lesquels opèrent les sociétés mais ils sont moins focalisés sur les conditions de travail chez les sous-traitants. Comme leurs homologues britanniques, ils sont peu nombreux - moins d'un sur quatre - à faire de l'environnement un enjeu prioritaire et, quand ils s'en préoccupent, c'est le changement climatique qui est au centre de leurs inquiétudes.
Les Britanniques plus matures
La culture d'activisme et de lobbying en matière d'ISR semble faire encore cruellement défaut aux « zinzins » français. A la différence des Britanniques, plus matures et qui semblent prêts à entamer un bras de fer avec les sociétés autour du respect d'une gouvernance soucieuse des droits des actionnaires minoritaires. Outre-Manche, la participation à des actions collectives et le dialogue avec les sociétés sont perçus comme les meilleurs moyens d'influencer les entreprises. Mais les investisseurs ne sont pas pour autant prêts à exposer leurs éventuels différends sur la place publique. La discrétion s'impose. Au moins dans un premier temps.
NESSIM AIT-KACIMI
5 Décembre 2008
Les Echos
Si, parmi la trentaine d'institutionnels français, la plupart (70 %) se sentent investis d'un devoir de responsabilité à l'égard de la stratégie ISR des entreprises dans lesquelles ils placent leur argent, ils ne se donnent guère les moyens d'influer sur leurs pratiques et leurs comportements. Pour eux, le meilleur moyen d'arriver à leurs fins est l'envoi de questionnaires aux sociétés et l'expression de leur sensibilité dans le cadre d'un engagement distant, courtois et finalement peu revendicatif. Ce qui témoigne d'un certain angélisme ou d'un certain réalisme au regard des freins qu'ils estiment à l'exercice de leur sensibilité d'investisseur responsable (voir illustration). Parmi ces freins, le désintérêt de leurs propres bénéficiaires (à l'exception du monde paritaire) pour ces questions est évoqué comme le principal obstacle à leur activisme.
A l'inverse, ils associent fortement gestion de long terme et implication en matière d'ISR avec un prisme très franco-français qui tourne autour du social. A cet égard, les institutionnels semblent attentifs au respect des droits de l'homme dans les pays étrangers dans lesquels opèrent les sociétés mais ils sont moins focalisés sur les conditions de travail chez les sous-traitants. Comme leurs homologues britanniques, ils sont peu nombreux - moins d'un sur quatre - à faire de l'environnement un enjeu prioritaire et, quand ils s'en préoccupent, c'est le changement climatique qui est au centre de leurs inquiétudes.
Les Britanniques plus matures
La culture d'activisme et de lobbying en matière d'ISR semble faire encore cruellement défaut aux « zinzins » français. A la différence des Britanniques, plus matures et qui semblent prêts à entamer un bras de fer avec les sociétés autour du respect d'une gouvernance soucieuse des droits des actionnaires minoritaires. Outre-Manche, la participation à des actions collectives et le dialogue avec les sociétés sont perçus comme les meilleurs moyens d'influencer les entreprises. Mais les investisseurs ne sont pas pour autant prêts à exposer leurs éventuels différends sur la place publique. La discrétion s'impose. Au moins dans un premier temps.
NESSIM AIT-KACIMI
5 Décembre 2008
Les Echos
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