Le FRR serein face aux turbulences des marchés

Publié le par Alexis Carré

 

PARIS, 15 avril (Reuters) - Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) se veut serein face aux turbulences des marchés financiers et estime que la chute de la performance de ses actifs gérés au premier trimestre ne remet nullement en question son choix d'une allocation stratégique dominée par les actions.

Le FRR, créé en 1999 mais réellement mis en place en 2003 pour contribuer aux besoins de financements des retraites à partir de 2020, a subi de plein fouet la débâcle boursière, enregistrant une performance négative de -6,4% entre le 1er janvier et le 4 avril 2008.

Le FRR, qui avait jusqu'ici connu un environnement de marché plutôt favorable, traverse sa première crise, à un moment où des incertitudes planent sur la volonté des pouvoirs publics de le voir pérennisé.

"Cette baisse fait ressortir une performance moyenne annualisée de 6,3% depuis les premiers placements du fonds, en ligne avec l'objectif de performance de long terme retenu par le conseil de surveillance", a précisé mardi Antoine de Salins, membre du directoire du FRR, à l'occasion d'une conférence de presse marquant le 5e anniversaire de la mise en place du fonds.

Le FRR qui révise tous les trois ans son allocation stratégique, a opté en 2006 pour un renforcement sensible de son exposition aux actions (60% du portefeuille), au détriment des obligations (30%) et pour une poche d'investissements alternatifs devant atteindre, à terme, 10% de l'actif du fonds qui était de 34,5 milliards d'euros à la fin 2007.

Mettant en avant l'horizon de long terme des investissements du FRR, Raoul Briet, président du conseil de surveillance, a pour sa part déclaré que le choix avait été fait "d'assumer les risques de volatilité" et que ce choix avait été clairement conforté par la totalité du conseil.

COMPARAISONS

Les responsables du fonds ont fait valoir que, malgré la baisse de 2008, l'allocation stratégique du FRR était très comparable à celle d'autres fonds européens du même type, en Suède ou en Irlande.

Le FRR, qui peut moduler son allocation stratégique de long terme par des modifications tactiques, avait fait le choix de se renforcer sur les actions à l'automne 2007, au regard des décisions prises par les autorités monétaires face à la crise du crédit et des niveaux de valorisation des actions jugés alors attractifs.

Le secteur financier, particulièrement touché par la crise, représente 25% de ses portefeuilles actions, "en ligne avec le poids du secteur dans les indices", a précisé Antoine de Salins.

Depuis lors, le FRR a porté son allocation en obligations de 30% à 37% de l'actif.

Les responsables du FRR ont une nouvelle fois réclamé une feuille de route de la part des pouvoirs publics afin de pouvoir mettre en place une gestion optimale de ses actifs.

"Il faut impérativement que les pouvoirs publics définissent notre passif (...). Nous ne continuerons à bien gérer que si nous avons des données précises sur les volumes demandés, la périodicité et le rythme des décaissements", a déclaré Raoul Briet.

Le FRR ne dispose pas d'un échéancier précis, à la fois de ses abondements et de ses décaissements, après 2020.

Il a vu ses abondements annuels limités, depuis 2006, à environ 1,5 milliard d'euros seulement, provenant d'une fraction du prélèvement sur les revenus du patrimoine et des placements.

Avec cette seule ressource fixe et des performances annualisées de 6,3%, ses ressources atteindront, selon les calculs du FRR, 100 milliards d'euros (courants) en 2020, "soit un tiers des besoins de financement entre 2020 et 2040", a indiqué Raoul Briet.

NOUVELLE STRATEGIE ISR

Pour 2008, le FRR entend poursuivre, pour les actifs cotés, son approche de type "coeur-satellite" (gestion indicielle doublée d'une gestion active sur des classes d'actifs moins arbitrées que les grandes capitalisations et davantage susceptibles de générer de la performance).

Il a aussi adopté une nouvelle stratégie d'investissement socialement responsable (ISR), aux termes de laquelle toutes les classes d'actifs sur lesquelles il est investi feront l'objet d'un examen. Celui-ci permettra de déterminer si les critères de l'ISR peuvent être intégrés dans la gestion de ses portefeuilles, comme le FRR a commencé à le faire sur les actions européennes.

Antoine de Salins a reconnu que la montée en puissance des investissements "alternatifs" (immobilier, infrastructures, matières premières) "prendrait du temps". /PD


par Pascale Denis
15 Avril 2008
Reuters

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Publié dans institutionnels

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