Pourquoi placer son épargne dans des sociétés socialement responsables

Publié le par Alexis Carré

 

L'Investissement socialement responsable est accusé de sous-performance. Une étude de l'ONU tend à démontrer le contraire.

Le modèle de l'investissement socialement responsable peine à s'imposer en France. Selon une étude publiée par Novethic, six sociétés de gestion géraient en 2007 plus de 1 milliard d'euros en ISR, en majorité sous forme d'OPCVM. Autant dire que l'ISR ne pèse pas lourd comparé aux 1.000 milliards de fonds d'OPCVM français. Avec une hausse de plus de 30 % des encours ISR en 2007, le label ISR sort peu à peu de son anonymat. Mais les préjugés ont la vie dure sur les performances des sociétés qui répondent à ses critères.

« La déclinaison financière du développement durable »

En cinq ans, l'offre de titres ISR s'est considérablement enrichie. Au départ tournées vers des questions morales et éthiques, les entreprises labellisées ISR prennent désormais en compte des questions sociales, environnementales, de gouvernance, de droits de l'homme ou encore de gestion, sans oublier d'être performantes. Selon certains, l'ISR serait même « la déclinaison financière du concept de développement durable ». L'investissement socialement responsable ne s'intéresse donc pas seulement aux critères extra-financiers, mais également aux comptes, dont la rentabilité et le risque.

Au palmarès des valeurs ISR les plus citées par les gérants, ABC Arbitrage ressort en tête. « C'est une société qui superforme dans tous les domaines - environnement, social, sociétal, gouvernance. Les ressources humaines n'y sont pas considérées comme une variable d'ajustement mais comme une vraie valeur ajoutée. De plus, l'environnement y est géré de façon optimale, par le tri de déchets, le recyclage des papiers, etc. », souligne Jean-François Descaves, président de la Financière de Champlain. Si l'on considère le seul critère environnement, Aurea, le spécialiste du recyclage des déchets, fait partie des meilleurs élèves. « Ses dirigeants ont toujours eu des exigences très supérieures aux réglementations à tous les stades des processus industriel », argumenteJean-François Descaves. En matière de ressources humaines, c'est le spécialiste de la construction modulaire, Touax, qui se distingue. En effet, l'accent y est particulièrement mis sur la qualité de la communication entre managers et salariés, le recrutement des personnes à mobilité réduite, ou encore la prévention des accidents du travail. Le groupe Store Electronic System fait également figure de valeur ISR préférée des gérants spécialisés. Sa très forte implication dans les ressources humaines - par une politique active en faveur de la parité, la part importante des contrats à durée indéterminée, le faible turn-over, etc. - en fait une valeur de référence. Dans notre sélection de valeurs, le groupe Danone fait toutefois figure d'exception : aucune société ISR n'était allée aussi loin dans la mise sur pied de projets de développement dans les pays émergents (voir encadré ci-dessous). Malgré leurs atouts, les titres ISR semblent pour l'heure avoir du mal à se populariser. La culture d'épargne actionnariale à l'anglo-saxonne qui fait défaut à la France, ainsi que l'absence de publicité auprès du grand public, expliquent que les titres labellisés ISR restent encore mal connus. Seraient-ils boursièrement moins attrayants que les valeurs classiques ?

Réconcilier éthique et performance

Accusées de sous-performer le marché, les valeurs ISR peinent encore à convaincre. Or, selon une étude réalisée par le programme des Nations unies pour l'environnement et la finance (l'Unepfi), la performance de ces entreprises est en ligne, voire souvent meilleure que celle d'un investissement classique. « A moyen terme, les valeurs ISR devraient superformer car la prise en compte des critères ISR entraîne un cercle vertueux avec les fournisseurs et les clients qui conduit à un meilleur fonctionnement de l'entreprise. C'est une gestion qui allie conviction et performance dans la durée », concluent les dirigeants de la Financière de Champlain.

 

ANNE-LAURE REBOUL
6 Septembre 2008
Le Journal des Finances

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Publié dans performance

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