Fonds environnement: La Banque Palatine mêle la thématiques du climat avec l’ISR

Publié le par Alexis Carré

 

La banque lance un nouveau fonds sur la thématique du réchauffement climatique respectant des critères d’investissement socialement responsable Dans le même temps, elle va également appliquer ces critères ISR à son fonds Palatine Or Bleu, lancé il y a dix-huit mois.

La distinction entre les fonds thématiques centrés sur l’environnement et les fonds d’investissement socialement responsables (ISR) peut parfois paraître mince. Pourtant, elle existe bel et bien et si certains gestionnaires on pu jouer sur l’une ou l’autre des appellations pour vendre leur produit, le respect de l’environnement et la gestion selon des critères de développement durable restent deux notions bien distinctes (lire pp. 10 à 12). Pour preuve, Palatine Asset Management, une société de gestion filiale de la Caisse d’Epargne, lance Palatine Climat et Environnement, un nouveau fonds sur le climat éligible au PEA et dont le processus de sélection de titres répondra également à des exigences extra-financières. Dans le même temps, le gestionnaire va appliquer cette grille d’analyse ISR à Palatine Or Bleu, son fonds déjà existant exploitant la thématique de l’eau, mais qui ne répondait pas entièrement à ces critères jusqu’à aujourd’hui.

Thématique précise mais univers large. Le thème abordé par le fonds Climat et Environnement de Palatine est simple. Selon la majorité des agences internationales de recherche, la terre est aujourd’hui entrée dans une phase de réchauffement et certaines entreprises vont profiter des actions entreprises collectivement pour contrer ou pallier les changements de climat attendus.

Le gestionnaire entend donc exploiter les objectifs fixés en mars 2007 par le Conseil européen : d’ici à 2020, les économies d’énergie devront avoir atteint 20 % de la consommation de l’Union européenne, les émissions de gaz à effet de serre devront avoir baissé de 20 % et les énergies renouvelables devront représenter 20 % de la consommation totale d’énergie. Au final, « ces trois points pourraient générer 60 milliards d’euros d’investissement, soit 0,5 % du PIB européen », assure la banque.

Le gestionnaire investira donc à proportion équivalente dans les secteurs des énergies propres, de l’efficacité énergétique et de l’adaptation au changement climatique. « Ce processus de gestion nous permet d’investir sur un très large univers puisque, contrairement à d’autres fonds thématiques, nous pouvons aussi intégrer des titres des secteurs du bâtiment, de l’industrie, du transport, voire des banques si elles sont très engagées dans les processus de financement environnementaux », explique Patrice Mavilla, directeur du développement de Palatine Asset Management. « Grâce à cette large palette de secteurs susceptibles de rentrer dans sa composition, le fonds pourra adopter un positionnement plus défensif qu’un produit uniquement concentré sur des valeurs strictement environnementales », renchérit Bruno Vacossin, le gérant du fonds.

Critères extra-financiers. Pour arriver aux cinquante valeurs composant le portefeuille, le gérant examinera en premier lieu les critères d’analyse traditionnels, comme les ratios financiers ou le positionnement de la société dans son univers concurrentiel. Ensuite, le gérant a mis en place un filtre ISR composé de six critères : les ressources humaines, le comportement de l’entreprise sur les marchés, la gouvernance, l’engagement sociétal, le respect des droits de la personne et, évidemment, l’environnement - ce dernier critère étant le plus important puisque le titre est automatiquement écarté du portefeuille s’il n’obtient pas une note environnementale assez élevée. L’agence Vigeo se chargera de cette notation et celle-ci sera validée par le gestionnaire.

Positionnement global. Le lancement de ce fonds coïncide avec la volonté de la société de gestion de s’inscrire plus largement dans une politique d’investissement socialement responsable. « Palatine Asset Management entend devenir un des spécialistes français de l’IRS », affirme Dominique Hartog, le président du directoire de Palatine AM. Aujourd’hui, la structure gère 6,2 milliards d’euros, dont 1,1 milliard en actions, mais la concurrence sera rude sur ce créneau, y compris au sein du groupe.

 

Franck Joselin
29 Février 2008
L'Agefi ACTIFS

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Publié dans société de gestion

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