ISR: Deux anciens de Natixis unis par la gestion socialement responsable

Publié le par Alexis Carré

 

Avec l'aide de La Française des Placements qui détient 30 % du capital, La Financière Responsable intègre des critères sociaux et environnementaux dans ses choix de placement.

Gérants spécialisés sur l'investissement socialement responsable (ISR) de Natixis Asset Management jusqu'à l'an dernier, Patrick Savadoux et Stéphane Prévost ont décidé de se lancer dans une nouvelle aventure en créant leur propre société de gestion, La Financière Responsable : " En créant La Financière Responsable, nous avons souhaité capitaliser sur notre expérience commune en matière d'analyse extrafinancière. Ayant obtenu notre agrément AMF au début de 2008, il nous est désormais possible de proposer de la gestion sous mandats et des OPCVM ", expliquent les fondateurs. " Notre démarche est exclusivement basée sur un processus de sélection de valeurs qui combine une approche fondamentale et des critères de responsabilité sociale et environnementale et que nous avons perfectionné ensemble depuis un peu plus de sept ans ", poursuit Patrick Savadoux. Au terme du premier trimestre de cette année, deux fonds seront proposés aux investisseurs institutionnels et au grand public : LFR Euro Développement Durable, lancé à la fin de 2007 en partenariat avec La Française des Placements, et LFR Action Solidaire, prochainement disponible, dont 5 % à 10 % de l'actif seront investis en faveur des établissements représentatifs de l'économie solidaire, par exemple des associations actives dans la lutte contre l'exclusion professionnelle, pour le droit au logement ou encore pour la solidarité intergénérationnelle.

Exigeants, les deux fondateurs de La Financière Responsable ne se contentent pas d'appliquer un filtre socialement responsable classique, basé sur les classements des agences de notation spécialisées. Soucieux de maîtriser au mieux l'adéquation de leurs choix de valeur avec la philosophie d'investissement qui caractérise leur société de gestion, ils ont en effet souhaité aller plus loin. Ils ont donc décidé d'associer, de façon dynamique, les critères extrafinanciers à l'analyse financière des sociétés qu'ils suivent.

" Nous avons bien évidemment recours aux agences de notation. Celles-ci fournissent un travail remarquable qui présente néanmoins l'inconvénient de ne donner qu'une image ponctuelle de l'entreprise analysée, analyse Patrick Savadoux. Notre objectif est d'entretenir avec les sociétés dans lesquelles nous investissons une relation constante. Aussi avons-nous retenu une approche proactive qui consiste à dialoguer régulièrement avec les équipes de direction, les responsables des ressources humaines, les organisations syndicales et même parfois des organisations non gouvernementales qui nous fournissent des informations pertinentes, par exemple sur le travail des enfants dans un pays où l'une de nos sociétés cibles est présente. "

VERIFICATION IN SITU

L'équipe n'hésite pas non plus, lorsque c'est possible, à se rendre sur les sites de production pour vérifier la conformité des installations, au regard de la sécurité, et les conditions de travail. À partir de là, si un premier tri permet de réduire de 700 à 150 les valeurs européennes qui constituent l'univers d'investissement de LFR Euro Développement Durable, la sélection de la cinquantaine de titres qui composent in fine le portefeuille est minutieuse : seules sont privilégiées les entreprises qui veillent à réduire les conséquences écologiques et sociales de leursactivités.


THIERRY BISAGA
4 Mars 2008
La Tribune

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Publié dans société de gestion

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