Un marché des appels d'offres dynamique en 2007

Publié le par Alexis Carré



Malgré un environnement de marché hostile au second semestre, l'année 2007 s'est révélée active pour les appels d'offres réalisés par les investisseurs institutionnels français. Hors FRR, leurs volumes ont augmenté des deux tiers.

Un paradoxe, après deux années de recul des montants levés, les appels d'offres sont repartis de plus belle l'année même du déclenchement d'une des plus graves crises financières qu'aient connu les marchés, celle du « subprime ». En 2007, les capitaux collectés ont ainsi été multipliés par 2,5 à près de 27 milliards d'euros, grâce notamment à quelques contributeurs de poids tel le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) qui a levé près de 9,3 milliards d'euros. Hors FRR, les volumes auraient encore augmenté des deux tiers, selon les estimations de Bfinance. Conséquence, la taille moyenne des opérations a doublé, à 200 millions d'euros. 2008 a commencé plus doucement dans un contexte de turbulences financières sérieuses et d'attentisme chez les investisseurs. Au 1er trimestre, seules une douzaine d'opérations ont été recensées représentant environ 3,5 milliards d'euros, dont encore 2,5 milliards pour le seul FRR.

Année après année, la gestion diversifiée voit sa part diminuer dans le volume des appels d'offres. Elle a ainsi été divisée par près de deux entre 2003 et 2007, à 9 %. De manière croissante, les investisseurs lui préfèrent les gestions spécialisées, en reprenant en main leur allocation d'actifs plutôt que la déléguer à un tiers. Logiquement, la crise du « subprime » a marqué un coup d'arrêt des appels d'offres sur le segment du monétaire, dont la part a été divisée par deux dans les volumes, à 11 %. Toutefois, les investisseurs institutionnels restent ceux qui, en Europe, délèguent le plus la gestion sur cette classe d'actifs, laquelle se métamorphose sous l'effet de la crise du « subprime » (lire ci-dessouss).

Arrivée de petits cabinets

En revanche, avec 21 % des montants levés, contre 14 % en 2006, l'épargne salariale et retraite s'installe comme un incontournable du marché français. La part des actions a aussi progressé avec plus d'un tiers des capitaux collectés. Les investisseurs semblent rechercher notamment des gestions passives (qui suivent fidèlement un indice) ou des stratégies du type « long/short » (achat et vente à découvert de titres).

Historiquement, les institutionnels français gèrent la majeure partie de leurs portefeuilles obligataires eux-mêmes et n'ont recours aux sociétés de gestion externes que pour des expertises pointues. Ils paraissent prêts, pour certains, à investir de nouveau sur le crédit, tel le haut rendement, et à teinter leur gestion obligataire d'une touche d'investissement socialement responsable, en prenant conseil auprès de consultants dont c'est la spécialité, tel Altedia IC.

A cet égard, la part de marché des cinq premiers consultants dans les volumes intermédiés a reculé de 83 % à 75 % entre 2006 et 2007, sous l'effet de l'arrivée de petits cabinets (actuariat...) qui, bien que non spécialisés sur les appels d'offres, effectuent des opérations ponctuelles et ciblées pour le compte de certains de leurs clients. L'année dernière, ce sont Bfinance, Amadeis, Mercer IC, Fixage, Altedia IC qui ont fait partie du Top 5 du marché français.

Particularités françaises

Les institutionnels français délèguent le quart de leurs réserves aux sociétés de gestion externes, soit 474 milliards d'euros. Le taux de délégationest beaucoup plus élevé(de l'ordre de 60 %) en Europe.Deux investisseurs françaissur trois gèrent leurs actifsen interne et 15 %des institutionnels ontleur propre société de gestion.L'allocation moyenne estde 36 % en actionset 64 % en obligations.Le marché monétaire pourles institutionnels est le plus important en Europe (250 milliards d'euros), avecun taux de délégation de 20 %, contre 6 % en Europe.La part de marché des étrangers dans la gestion déléguéea augmenté de 8 %, à 13,5 %, entre 2006 et 2007.Source : bfinance.



NESSIM AIT-KACIMI
5 Mai 2008
Les Echos
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Publié dans institutionnels

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