Les institutionnels ont tiré le marché de l'ISR en 2007
Avec deux tiers du marché de l'investissement socialement responsable français, les investisseurs institutionnels ont tiré un des rares segments dynamiques de la gestion en 2007.
Contrastant avec le marasme de la gestion française l'année passée pour cause de crise du « subprime », 2007 s'est avérée un très bon millésime pour le marché de l'investissement socialement responsable (ISR), dont les encours ont progressé de 30 %, à plus de 22 milliards d'euros, selon les données établies par Novethic. La croissance a été particulièrement soutenue sur le segment des institutionnels, qui affichent une croissance de 36 % de leurs actifs détenus sur cette expertise, contre 19 % pour les particuliers.
Aujourd'hui, les institutionnels détiennent les deux tiers du marché de l'ISR grâce notamment à des investisseurs comme l'Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp), qui a choisi une allocation d'actifs 100 % ISR. A côté des institutionnels historiques de l'ISR que sont les fondations, les congrégations religieuses et les associations, de nouveaux acteurs y prennent pied plus franchement, à l'exemple des assureurs et des mutuelles qui s'accaparent 30 % des encours de la gestion dédiée ISR pour les institutionnels. C'est deux fois moins que les actifs détenus par quelques grands fonds publics qui dominent ce marché tels l'Erafp et le Fonds de réserve pour les retraites (FRR).
Autre évolution notable, les institutionnels recourent de plus en plus à la gestion dédiée ISR plutôt qu'aux fonds ouverts, la première représentant 60 % de leurs encours. Cette gestion sur mesure permet de mieux répondre à leur sensibilité particulière sur les différents aspects de l'ISR : environnement, gouvernance, droits sociaux. A la différence des institutionnels d'autres pays, notamment anglo-saxons, ils optent alors davantage pour une approche de sélection (trouver les meilleures sociétés) que pour l'exclusion a priori de certains secteurs (armement...) ou entreprises. Ils gèrent aussi parfois eux-mêmes leurs actifs ISR quand ils en ont les ressources ; la gestion interne représente autour du quart des actifs des institutionnels français.
De nouveaux produits
Sur le plan financier, ces derniers privilégient nettement l'investissement sur la zone euro et, dans une moindre mesure, sur l'Europe. Reflet de leur allocation d'actifs très orientée sur les taux d'intérêt, pour eux l'ISR est avant tout une gestion obligataire, qui représente plus des deux tiers de leurs encours devant les actions (30 %). Sur ce point, les performances attendues des fonds obligataires ISR (*) semblent plus encourageantes que celles de leurs homologues investis en actions.
Sur des données américaines, les fonds obligataires ISR ont des performances régulières, pas très différentes de celles des fonds classiques, avec de surcroît un avantage très appréciable dans la conjoncture actuelle : ils font mieux que les fonds traditionnels dans les phases de ralentissement économique. Les sociétés de gestion s'efforcent de répondre à ces besoins en concevant des nouveaux produits comme les fonds monétaires ISR.
Aujourd'hui, que ce soit en gestion dédiée ou par le biais de fonds, le marché reste assez concentré autour de poids lourds comme Allianz GI France, BNP Paribas ou Crédit Agricole... Deux acteurs, Natixis AM et AXA IM, s'accaparent les deux tiers d'un segment encore modeste, l'épargne salariale ISR, qui pèse seulement 10 % du marché total, mais reste en croissance soutenue, de 22 % en 2007, à 2,2 milliards d'euros. Plébiscitée par les syndicats, ce style de gestion rencontre une certaine adhésion auprès des salariés.
4723482|(*) « The Performance of Socially Responsible Bond Funds », Jeroen Derwall, Kees Koedijk, Erasmus University Rotterdam, 2005.
NESSIM AIT-KACIMI
6 Mai 2008
Les Echos
Contrastant avec le marasme de la gestion française l'année passée pour cause de crise du « subprime », 2007 s'est avérée un très bon millésime pour le marché de l'investissement socialement responsable (ISR), dont les encours ont progressé de 30 %, à plus de 22 milliards d'euros, selon les données établies par Novethic. La croissance a été particulièrement soutenue sur le segment des institutionnels, qui affichent une croissance de 36 % de leurs actifs détenus sur cette expertise, contre 19 % pour les particuliers.
Aujourd'hui, les institutionnels détiennent les deux tiers du marché de l'ISR grâce notamment à des investisseurs comme l'Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp), qui a choisi une allocation d'actifs 100 % ISR. A côté des institutionnels historiques de l'ISR que sont les fondations, les congrégations religieuses et les associations, de nouveaux acteurs y prennent pied plus franchement, à l'exemple des assureurs et des mutuelles qui s'accaparent 30 % des encours de la gestion dédiée ISR pour les institutionnels. C'est deux fois moins que les actifs détenus par quelques grands fonds publics qui dominent ce marché tels l'Erafp et le Fonds de réserve pour les retraites (FRR).
Autre évolution notable, les institutionnels recourent de plus en plus à la gestion dédiée ISR plutôt qu'aux fonds ouverts, la première représentant 60 % de leurs encours. Cette gestion sur mesure permet de mieux répondre à leur sensibilité particulière sur les différents aspects de l'ISR : environnement, gouvernance, droits sociaux. A la différence des institutionnels d'autres pays, notamment anglo-saxons, ils optent alors davantage pour une approche de sélection (trouver les meilleures sociétés) que pour l'exclusion a priori de certains secteurs (armement...) ou entreprises. Ils gèrent aussi parfois eux-mêmes leurs actifs ISR quand ils en ont les ressources ; la gestion interne représente autour du quart des actifs des institutionnels français.
De nouveaux produits
Sur le plan financier, ces derniers privilégient nettement l'investissement sur la zone euro et, dans une moindre mesure, sur l'Europe. Reflet de leur allocation d'actifs très orientée sur les taux d'intérêt, pour eux l'ISR est avant tout une gestion obligataire, qui représente plus des deux tiers de leurs encours devant les actions (30 %). Sur ce point, les performances attendues des fonds obligataires ISR (*) semblent plus encourageantes que celles de leurs homologues investis en actions.
Sur des données américaines, les fonds obligataires ISR ont des performances régulières, pas très différentes de celles des fonds classiques, avec de surcroît un avantage très appréciable dans la conjoncture actuelle : ils font mieux que les fonds traditionnels dans les phases de ralentissement économique. Les sociétés de gestion s'efforcent de répondre à ces besoins en concevant des nouveaux produits comme les fonds monétaires ISR.
Aujourd'hui, que ce soit en gestion dédiée ou par le biais de fonds, le marché reste assez concentré autour de poids lourds comme Allianz GI France, BNP Paribas ou Crédit Agricole... Deux acteurs, Natixis AM et AXA IM, s'accaparent les deux tiers d'un segment encore modeste, l'épargne salariale ISR, qui pèse seulement 10 % du marché total, mais reste en croissance soutenue, de 22 % en 2007, à 2,2 milliards d'euros. Plébiscitée par les syndicats, ce style de gestion rencontre une certaine adhésion auprès des salariés.
4723482|(*) « The Performance of Socially Responsible Bond Funds », Jeroen Derwall, Kees Koedijk, Erasmus University Rotterdam, 2005.
NESSIM AIT-KACIMI
6 Mai 2008
Les Echos
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