Développement durable : des indices prometteurs
Les entreprises et les critères extra-financiers
La prise en compte croissante des valeurs de développement durable dans la gestion d'une entreprise gagne du terrain. Les indices proposés par des grandes institutions financières en est un gage sérieux pour les investisseurs.
Tant dans les débats politiques ou dans les décisions d'investissements des investisseurs institutionnels, nous sommes entrés dans l'ère où les attentes envers les entreprises augmentent considérablement en termes de développement durable. En réponse à cette demande croissante de prise de responsabilité au sein des entreprises, les sociétés d'indices boursiers ont lancé une série d'indices n'intégrant que des entreprises respectant certaines règles sociales et écologiques. L'apparition du DJSI World (Dow Jones Sustainability Index World) en 1999 et celle du FTSE4Good Global Index (Financial Times Stock Exchange for good) en 2001 en sont les meilleures preuves.
Ces deux indices regroupent les entreprises jugées les plus responsables et les plus performantes en termes de développement durable au niveau mondial. Les performances de ces entreprises sont évaluées par des agences spécialisées dans la notation extra-financière, comme le groupe suisse Sustainabilty Asset Management pour le DJSI ou FTSE Groupe en collaboration avec EIRIS (Ethical Investment Research Service) pour FTSE4Good. Les cours des indices de durabilité suivent le mouvement de ceux des actions des compagnies composant ces indices. Le FTSE4Good et le DJSI ont en outre la particularité de ne pas être négociables sur les marchés financiers et donc de ne pas pouvoir être utilisés à des fins spéculatives. Se pose alors la question de leur utilité.
Une valeur ajoutée
Des études récemment réalisées par des maisons de notation montrent que 45 % des investisseurs institutionnels français croient en une création de valeur ajoutée, née de la prise de responsabilité de la part des entreprises. Ce constat repose sur la conviction qu'une prise en compte des critères extra-financiers permet d'avoir une vision globale des risques supportés par les entreprises et peut donc avoir une influence significative sur leur performance à moyen et long termes. Ils sont convaincus que, dans le futur, les critères extra-financiers seront considérés davantage dans les décisions de placements par les gestionnaires de fonds. Pour identifier les entreprises les plus durables et les plus responsables, ces fonds d'investissements vont se baser sur la recherche faite par des maisons de notation spécialisées dans ce domaine et sur des indices comme le FTSE4Good et le Dow Jones Sustainability Index. Ces deux indices représentent donc de réels benchmarks pour les investisseurs socialement responsables. Le fait que des sociétés aussi renommées que Dow Jones et FTSE publient ces indices de références composés des meilleures entreprises en termes de développement durable est un gage de crédibilité d'un investissement socialement responsable auprès de la communauté financière.
L'investissement socialement responsable (ISR) combat l'idée reçue selon laquelle responsabilité n'est pas compatible avec rentabilité. Même si ce phénomène est assez récent en France, les ISR existent déjà depuis de nombreuses années aux États-Unis et y atteignent des montants considérables. En 2007, le volume des ISR représentait plus de 10 % du volume total des investissements réalisés sur les marchés financiers aux États-Unis, selon le Social Investment Forum. Le besoin croissant d'indices disposant d'évaluations extra-financières s'avère donc solide. Outre leur utilité de benchmark, ces indices sont des outils de marketing puissants, améliorant la réputation de l'entreprise.
Un atout important
La participation aux indices de durabilité est un facteur de réputation valorisant pour le monde financier. Le fait d'appartenir à plusieurs d'entre eux est un atout important pour les entreprises, car cela rassure le monde des investisseurs en conférant une visibilité à leur stratégie de développement durable. Par ce biais, la responsabilité sociale crée un réel avantage compétitif, poussant les entreprises ne figurant pas encore dans la liste de ces indices à suivre le mouvement en prenant davantage en compte les valeurs humaines et écologiques afin de se montrer plus transparentes et créer une valeur ajoutée durable. Si la tendance des ISR dure, les entreprises auront plus de difficultés à se financer si elles ne prennent pas en compte de manière systématique les changements concernant leurs ressources aussi bien humaines que naturelles. Cela ne signifie pas que les indices de durabilité seront les seules références utilisées par les gestionnaires de fonds. Néanmoins, il ne faut pas négliger le rôle qu'ils pourront jouer à l'avenir dans les choix d'investissements.
YVES DUBLIN, CONSULTANT PÔLE IBC VALTECH AXELBOSS
16 Juin 2008
La Tribune
La prise en compte croissante des valeurs de développement durable dans la gestion d'une entreprise gagne du terrain. Les indices proposés par des grandes institutions financières en est un gage sérieux pour les investisseurs.
Tant dans les débats politiques ou dans les décisions d'investissements des investisseurs institutionnels, nous sommes entrés dans l'ère où les attentes envers les entreprises augmentent considérablement en termes de développement durable. En réponse à cette demande croissante de prise de responsabilité au sein des entreprises, les sociétés d'indices boursiers ont lancé une série d'indices n'intégrant que des entreprises respectant certaines règles sociales et écologiques. L'apparition du DJSI World (Dow Jones Sustainability Index World) en 1999 et celle du FTSE4Good Global Index (Financial Times Stock Exchange for good) en 2001 en sont les meilleures preuves.
Ces deux indices regroupent les entreprises jugées les plus responsables et les plus performantes en termes de développement durable au niveau mondial. Les performances de ces entreprises sont évaluées par des agences spécialisées dans la notation extra-financière, comme le groupe suisse Sustainabilty Asset Management pour le DJSI ou FTSE Groupe en collaboration avec EIRIS (Ethical Investment Research Service) pour FTSE4Good. Les cours des indices de durabilité suivent le mouvement de ceux des actions des compagnies composant ces indices. Le FTSE4Good et le DJSI ont en outre la particularité de ne pas être négociables sur les marchés financiers et donc de ne pas pouvoir être utilisés à des fins spéculatives. Se pose alors la question de leur utilité.
Une valeur ajoutée
Des études récemment réalisées par des maisons de notation montrent que 45 % des investisseurs institutionnels français croient en une création de valeur ajoutée, née de la prise de responsabilité de la part des entreprises. Ce constat repose sur la conviction qu'une prise en compte des critères extra-financiers permet d'avoir une vision globale des risques supportés par les entreprises et peut donc avoir une influence significative sur leur performance à moyen et long termes. Ils sont convaincus que, dans le futur, les critères extra-financiers seront considérés davantage dans les décisions de placements par les gestionnaires de fonds. Pour identifier les entreprises les plus durables et les plus responsables, ces fonds d'investissements vont se baser sur la recherche faite par des maisons de notation spécialisées dans ce domaine et sur des indices comme le FTSE4Good et le Dow Jones Sustainability Index. Ces deux indices représentent donc de réels benchmarks pour les investisseurs socialement responsables. Le fait que des sociétés aussi renommées que Dow Jones et FTSE publient ces indices de références composés des meilleures entreprises en termes de développement durable est un gage de crédibilité d'un investissement socialement responsable auprès de la communauté financière.
L'investissement socialement responsable (ISR) combat l'idée reçue selon laquelle responsabilité n'est pas compatible avec rentabilité. Même si ce phénomène est assez récent en France, les ISR existent déjà depuis de nombreuses années aux États-Unis et y atteignent des montants considérables. En 2007, le volume des ISR représentait plus de 10 % du volume total des investissements réalisés sur les marchés financiers aux États-Unis, selon le Social Investment Forum. Le besoin croissant d'indices disposant d'évaluations extra-financières s'avère donc solide. Outre leur utilité de benchmark, ces indices sont des outils de marketing puissants, améliorant la réputation de l'entreprise.
Un atout important
La participation aux indices de durabilité est un facteur de réputation valorisant pour le monde financier. Le fait d'appartenir à plusieurs d'entre eux est un atout important pour les entreprises, car cela rassure le monde des investisseurs en conférant une visibilité à leur stratégie de développement durable. Par ce biais, la responsabilité sociale crée un réel avantage compétitif, poussant les entreprises ne figurant pas encore dans la liste de ces indices à suivre le mouvement en prenant davantage en compte les valeurs humaines et écologiques afin de se montrer plus transparentes et créer une valeur ajoutée durable. Si la tendance des ISR dure, les entreprises auront plus de difficultés à se financer si elles ne prennent pas en compte de manière systématique les changements concernant leurs ressources aussi bien humaines que naturelles. Cela ne signifie pas que les indices de durabilité seront les seules références utilisées par les gestionnaires de fonds. Néanmoins, il ne faut pas négliger le rôle qu'ils pourront jouer à l'avenir dans les choix d'investissements.
YVES DUBLIN, CONSULTANT PÔLE IBC VALTECH AXELBOSS
16 Juin 2008
La Tribune
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