L'ISR facteur de cohésion sociale
L'investissement socialement responsable (ISR), ou la prise en compte de critères extra financiers (environnement, gouvernement d'entreprise, droits sociaux) dans la gestion traditionnelle, suscite un certain intérêt dans les entreprises françaises, même si elles sont encore peu nombreuses à proposer ce type de gestion dans le cadre de leur épargne salariale.
Pour elles, cette approche de la gestion, qui permet de diversifier leur offre d'épargne salariale, a notamment le mérite de rencontrer une forte adhésion de la part des partenaires sociaux et des salariés. C'est un facteur de cohésion et de renforcement de la paix sociale. D'ailleurs, c'est la direction des ressources humaines qui en a le plus souvent l'initiative, loin devant le département de développement durable des sociétés. C'est un des enseignements du sondage réalisé par Novethic et Altedia Investment Consulting avec le soutien d'AXA. Une trentaine de groupes ont répondu à cette enquête, tels Total, Suez, Carrefour, Danone, Dassault, Sanofi ou EDF... Une société sur deux s'estime bien au fait des différentes approches en matière d'ISR et de l'offre existante. En revanche, une sur quatre confond encore la finance solidaire avec l'ISR, alors que la première recouvre des fonds qui consacrent une partie de leurs ressources au financement de programmes tels ceux d'insertion, ce que ne font pas les fonds labellisés ISR. Ces derniers ont une place marginale au sein de l'épargne salariale diversifiée, avec 6 % des actifs.
Une tendance de fond
Mais l'épargne salariale ISR croît assez vite (+ 22 % en 2007, à 2,8 milliards d'euros) et les marges de progrès sont appréciables : deux tiers des entreprises qui n'ont pas encore de fonds ISR d'épargne salariale déclarent ne pas avoir été sollicitées par les sociétés de gestion pour qui le segment de l'épargne salariale au sens large ne compte pas parmi les plus rentables de leurs activités.
Pour l'instant, une entreprise sur deux se montre satisfaite des performances des fonds ISR, alors que l'autre moitié juge prématuré de tirer un bilan. Plus de la moitié des sondés estiment que l'ISR est une tendance de fond dans l'épargne salariale, sans pour autant faire preuve de témérité : près d'un néophyte sur deux sur ce style de gestion prévoit dans un premier temps d'inclure, à titre expérimental, un seul fonds ISR à son offre d'épargne salariale. Les freins principaux pour y investir restent de loin le manque de sensibilisation en interne à l'égard des problématiques de l'ISR, et le manque d'information sur l'offre disponible de produits.
NESSIM AIT-KACIMI
23 Juin 2008
Les Echos
Pour elles, cette approche de la gestion, qui permet de diversifier leur offre d'épargne salariale, a notamment le mérite de rencontrer une forte adhésion de la part des partenaires sociaux et des salariés. C'est un facteur de cohésion et de renforcement de la paix sociale. D'ailleurs, c'est la direction des ressources humaines qui en a le plus souvent l'initiative, loin devant le département de développement durable des sociétés. C'est un des enseignements du sondage réalisé par Novethic et Altedia Investment Consulting avec le soutien d'AXA. Une trentaine de groupes ont répondu à cette enquête, tels Total, Suez, Carrefour, Danone, Dassault, Sanofi ou EDF... Une société sur deux s'estime bien au fait des différentes approches en matière d'ISR et de l'offre existante. En revanche, une sur quatre confond encore la finance solidaire avec l'ISR, alors que la première recouvre des fonds qui consacrent une partie de leurs ressources au financement de programmes tels ceux d'insertion, ce que ne font pas les fonds labellisés ISR. Ces derniers ont une place marginale au sein de l'épargne salariale diversifiée, avec 6 % des actifs.
Une tendance de fond
Mais l'épargne salariale ISR croît assez vite (+ 22 % en 2007, à 2,8 milliards d'euros) et les marges de progrès sont appréciables : deux tiers des entreprises qui n'ont pas encore de fonds ISR d'épargne salariale déclarent ne pas avoir été sollicitées par les sociétés de gestion pour qui le segment de l'épargne salariale au sens large ne compte pas parmi les plus rentables de leurs activités.
Pour l'instant, une entreprise sur deux se montre satisfaite des performances des fonds ISR, alors que l'autre moitié juge prématuré de tirer un bilan. Plus de la moitié des sondés estiment que l'ISR est une tendance de fond dans l'épargne salariale, sans pour autant faire preuve de témérité : près d'un néophyte sur deux sur ce style de gestion prévoit dans un premier temps d'inclure, à titre expérimental, un seul fonds ISR à son offre d'épargne salariale. Les freins principaux pour y investir restent de loin le manque de sensibilisation en interne à l'égard des problématiques de l'ISR, et le manque d'information sur l'offre disponible de produits.
NESSIM AIT-KACIMI
23 Juin 2008
Les Echos
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