Etude AXA Investment Managers et AQ Research
Les professionnels de l’investissement préfèrent l’utilisation des termes ‘Environnement, Société et Gouvernance’ et ‘Durabilité’
AXA Investment Managers (AXA IM) et AQ Research ont publié les résultats d’une enquête mondiale à laquelle 350 professionnels de l’investissement ont participé. Première du genre, l’objectif de cette enquête visait à identifier la manière la plus appropriée pour parler du secteur de l’investissement responsable. Les réponses proviennent de professionnels ‘buy-side’ et ‘sell-side’ travaillant au sein (44% des personnes interrogées) et en dehors (56%) de la sphère de l’investissement responsable.
- Plus de 350 professionnels de l’investissement ont participé à cette enquête globale
- La plupart des personnes interrogées travaillent en dehors du secteur de l’investissement responsable
- Termes préférés: ‘Environnement, société et gouvernance’ (ESG), suivi de près par l’expression la ‘Durabilité’
- Termes les moins plébiscités: ‘non traditionnel’, ‘commentaire de gestion’
- Termes n’ayant rencontré aucun succès: ‘non-financier’, ‘rapport d’activités non financières’
- Les résultats présentent une grande uniformité indépendamment des régions géographiques et des catégories d’employés (buy-side, sell-side, autres)
- Les personnes interrogées s’attendent à ce que l’intégration des facteurs ‘ESG’ dans les principales décisions d’investissement soient orientés par les clients, les benchmark étant les moins à même de provoquer ce changement
- 64% des sondés considèrent que les bénéfices se verront sur le long terme tandis que 2% d’entre eux les voient sur du court terme
- Parmi les personnes interrogées, plus de la moitié considère l’investissement responsable comme un moyen de maximiser les profits ; le reste d’entre elles perçoit cela comme un moyen d’éviter les risques à long terme. Les professionnels de l’investissement utilisent des termes disparates pour parler des données relatives à la durabilité des entreprises. C’est l’un des principaux obstacles à l’intégration de ces données dans les processus de recherche traditionnels.
Raj Thamotheram (cf. photo), Directeur de l’investissement responsable chez AXA Investment Managers, déclare: "Les clients et les gérants non spécialistes du secteur comprennent aisément les filtres éthiques et n’ont pas de difficultés à jouer des thèmes tels que les technologies propres. Ce type de consensus permet de bien comparer les gérants entre eux et les encouragent à respecter leurs process. Mais étant donné qu’il existe 16 expressions différentes pour décrire les données sur la durabilité que les gérants intègrent maintenant dans leur recherche, ce n’est donc pas surprenant que les gens soient perdus et que la prise en compte de ces données ne se généralisent pas aussi rapidement qu’elle le devrait! Si nous souhaitons accélérer l’intégration des données de durabilité dans la recherche, il serait opportun de s’entendre sur un ou deux termes qui expriment le mieux cette démarche". Les résultats du sondage démontrent qu’un tel consensus se forme. Les professionnels de l’investissement préfèrent utiliser le terme "environnement, social et gouvernance" (ESG) pour qualifier le nouveau type de données intégré à l’ensemble de la recherche. La"durabilité" vient en deuxième position. Ce sondage se révèle un signal propice aux organisations impliquées dans le domaine de l’investissement responsable qui utilisent aujourd’hui ou veulent utiliser des termes peu plébiscités. Parmi les 16 termes différents, qui incluaient notamment l’investissement socialement responsable (ISR), ‘l’extra-financier’, ‘l’investissement responsable’ (IR), ‘non-traditionnel’ ou ‘commentaire de gestion’, ‘ESG’ et ‘durabilité’ sont apparus comme les termes préférés des personnes interrogées. La préférence pour les expressions ‘ESG’ et ‘durabilité’ était une constante en Europe et en Amérique du Nord, les deux régions dont la majorité des personnes interrogées proviennent (respectivement 62% et 30%).
William Russell-Smith, directeur général d’AQ Research, l’agence indépendante qui a centralisé et analysé les réponses, commente: "Les résultats de cette étude sont publiés à un moment crucial pour ce secteur, qui doit absolument trouver un consensus afin de pouvoir développer davantage la sphère de l’investissement responsable. Nous remercions tous ceux qui ont pris le temps de répondre à cette enquête. L’analyse des données en fonction des régions et des profils des personnes interrogées montre que les résultats sont cohérents. Nous pensons donc qu’il s’agit d’une enquête apportant des fondements solides qui permettront à ce secteur d’oeuvrer pour parvenir à ce consensus, qui devient primordial." "Il y a de plus en plus de demandes pour un type de recherche différentes et pour des approches plus intelligentes de l’investissement sur le long terme, ce qui implique forcément de meilleures évaluations face aux cash flow aléatoires à long terme. Par conséquent, les organisations qui souhaitent évoluer dans cet environnement ont clairement intérêt à créer ensemble un langage cohérent. Ce serait une première avancée pour démontrer l’apport incontestable d’une réelle valeur ajoutée" ajoute-t-il. Les résultats attestent également que l’intégration des données relatives à la durabilité des entreprises dans les processus de recherche occupe une place de plus en plus importante car elle suscite un intérêt croissant de la part des clients et des évolutions de l’opinion publique. De plus, 68% des personnes interrogées buy-side ont indiqué, que la principale motivation à prendre en compte les facteurs d’investissement responsable est le profit qu’ils pourront en tirer sur le long terme. Seulement 28% d’entre elles pensent être motivées par la réduction des risques à long terme. Les mêmes questions ont suscité respectivement 56% et 27% des réponses chez les personnes interrogées sell-side.
Raj Thamotheram conclut ainsi: "Comme les fournisseurs de services financiers utilisent différentes terminologies pour décrire la même chose, il y a nécessairement une certaine confusion parmi les acteurs clés du changement (clients, consultants, professionnels de l’investissement, entreprises). De même, si l’on considère l’avis des sondés et que l’intégration des données sur l’investissement responsable dans les processus de recherche se révèle d’abord bénéfiques sur le long terme, ce sondage soulève aussi d’importantes questions sur la manière dont les professionnels de l’investissement seront évalués (ou récompensés) pour un tel travail. Ce secteur devra mettre de côté ses préoccupations relatives à l’obtention de résultats à court terme et parallèlement, mesurer la qualité du processus d’investissement d’un gérant. Ce sera la seule façon de distinguer les professionnels de l’investissement qui intègrent des données sur l’investissement responsable dans leurs processus de recherche et qui sont soucieux de délivrer des profits sur le long terme de ceux qui ne le feront pas. Bien entendu, pour y parvenir, les clients et leurs consultants devront également acquérir de nouvelles compétences".
1 Septembre 2008
Le Mensuel d´Agéfi Luxembourg